Santé

Présent principalement dans les sols wallons, ce gaz radioactif représente la deuxième cause de cancer du poumon en Belgique.

Il est inodore, incolore et insipide, ce qui explique peut-être qu'on n'en entende que peu parler. Pourtant, le radon, ce gaz radioactif, est bel et bien présent dans les sols et les roches belges, principalement en Wallonie. Or, en trop grande quantité, il peut se révéler nocif. En Belgique, il est même la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac. Alors ce jeudi, en cette journée anniversaire de la naissance de Marie Curie à qui l'on doit la découverte de la radioactivité naturelle, l'agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) attire une nouvelle fois notre attention sur l'importance de mesurer le taux de radon présent dans nos maisons.

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"L'accumulation du radon est plus grande en hiver car on ouvre moins les fenêtres", nous explique l'AFCN. Car si le radon peut s'avérer nocif, il est inoffensif à l'air libre et on peut donc s'en débarrasser facilement en aérant un peu. Le problème avec ce gaz, c'est que s'il est présent dans nos sols, il se fraie facilement un chemin dans nos caves. S'il y reste, qu'elle est aérée et qu'on y pénètre que de temps en temps, les risques d'en subir des effets négatifs sont très faibles. Mais si le seul endroit où le radon peut se faufiler est nos pièces de vie et qu'il y est présent en trop grande quantité, alors les risques pour la santé sont réels. "Le radon irradie les tissus pulmonaires, ce qui peut provoquer le cancer du poumon. Le risque de développer un cancer pulmonaire dépend de deux choses : le taux de radon qu’il y a chez vous et le temps que vous passez à l’intérieur de votre maison. Plus la concentration de radon dans un local est élevée et plus le temps passé à l’intérieur de ce local est important, plus le risque de cancer augmente. Si vous fumez, le risque est plus grand encore", souligne l'agence fédérale.

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Détecter le radon une bonne fois pour toutes

Avant de s'inquiéter pour sa santé, l'AFCN préconise de mesurer le taux de radon présent dans notre maison. En effet, le gaz y pénètre par les fissures du sol, les joints de construction, les fissures des murs, les parois des étages, les équipements sanitaires ou encore les approvisionnements d’eau. Afin d'avoir l'esprit tranquille et d'être certain du taux de radon présent chez nous, le teste radon est le seul moyen de savoir si vous et votre famille courez un risque. Pour 20 euros, les ménages belges peuvent se procurer un détecteur radon via le site www.actionradon.be. Le prix comprend les mesures, l'analyse et les conseils à appliquer le cas échéant. Il est recommandé de laisser le détecteur au même endroit pendant trois mois dans la pièce la plus fréquentée de la maison. Depuis le 1er octobre, 2 909 détecteurs radon ont déjà été commandés et les premiers résultats sont attendus en janvier prochain.

L’année passée, sur les 4 200 ménages qui ont fait le test, 10 % des mesures effectuées dépassent le niveau de référence de 300 Bq/m³ et presque 200 maisons ont dépassé 600 Bq/m³. Dans ce cas, un expert radon se déplace pour voir les mesures à appliquer. En général, il s’agit soit de créer une barrière contre le gaz (obturation des fissures, étanchéité de la dalle de sol), soit d’évacuer l’air chargé en radon (bonne aération des locaux).

Les détecteurs peuvent être demandés jusqu'à la fin du mois de décembre.