C'est l'appel que le Dr Hilde Vernaeve, responsable de la clinique du sein de Saint-Jean à Bruxelles, a lancé vendredi. "Les patients ne devraient pas dire que le Covid est beaucoup plus dangereux lorsqu'ils souffrent d'un cancer. Ils devraient oser venir". L'appel fait suite à l'expérience négative faite lors de la première vague du coronavirus en mars-avril. "Nous avons vu pendant le confinement que, malheureusement, les gens avaient très peur de se rendre à l'hôpital. C'est dommage qu'ils aient attendu des mois pour venir ici simplement parce qu'ils n'osaient pas se rendre à l'hôpital. Un tel scénario doit désormais être évité à tout prix lors de la deuxième vague", déclare le Dr Hilde Vernaeve.

Le report d'un bilan de santé peut être préjudiciable, particulièrement en cancérologie, selon le Dr Vernaeve. "Il existe de nombreuses tumeurs différentes. S'il s'agit d'une tumeur très agressive, elle peut grossir en quatre à cinq mois, avec pour résultat qu'une chimiothérapie s'impose d'autant plus."

Les soins non essentiels peuvent être retardés. L'appel que le Dr Vernaeve a lancé vendredi porte sur autre chose: "Nous parlons ici des consultations imprévues. Les appels du style 'J'ai ressenti quelque chose, quand puis-je venir? '. Ces appels téléphoniques n'ont guère eu lieu lors de la première vague. Les gens eux-mêmes n'ont pas pris l'initiative d'appeler/de venir, parce qu'ils avaient peur."

Peur injustifiée, selon la responsable de la clinique du sein, car des mesures sont en vigueur dans tous les hôpitaux, et donc aussi à la clinique Saint-Jean. "On contrôle le port du masque. Chacun doit se désinfecter les mains à son entrée à l'hôpital. Dans la salle d'attente, les chaises sont distantes d'un mètre et demi. Les personnes ne sont pas autorisées à s'asseoir dans la salle d'attente plus de dix minutes avant leur rendez-vous. Si vous allez dans un supermarché, vous êtes plus susceptible d'être infecté par le Covid-19 qu'ici à l'hôpital", assure encore le Dr Vernaeve.