L'Université de Liège est impliquée dans la plateforme fédérale des tests naso-pharyngés depuis le début de la pandémie. Elle a, par ailleurs, mis au point "auto-test" salivaire qui sera désormais utilisé pour le personnel des maisons de repos en Wallonie. L'initiative a été présentée vendredi à l'Université de Mons lors d'une conférence de presse en présence du ministre-président wallon, Elio Di Rupo, et de la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale.

"Nous avons réalisé presque 500.000 tests depuis le mois de mars 2020 à partir d'écouvillonnages naso-pharyngés", a expliqué vendredi le professeur Fabrice Bureau, l'un des inventeurs du test salivaire pour détecter le Covid-19. "Mais ce type de prélèvements pose le problème de la mobilisation de personnel médical qui a autre chose à faire en cette période de crise sanitaire. Nous nous sommes donc orientés vers un système d'auto-prélèvement salivaire. Un kit a été créé et il sera utilisé pour tester le personnel des quelque 600 maisons de repos de Wallonie."

Les kits d'auto-prélèvement seront distribués chaque semaine aux membres du personnel des maisons de repos et des maisons de repos et de soins. Les prélèvements seront renvoyés vers l'Université de Liège pour analyse. "Le but est de permettre au personnel des maisons de repos d'être testé toutes les semaines. Cette pratique permettra aux personnes positives d'être écartées le plus vite possible, pour éviter la contamination des résidents des maisons de repos."

La logistique du projet s'annonce importante pour tester les quelque 32.000 membres du personnel des 602 maisons de repos en Wallonie. "Nous avons eu besoin de points d'appui logistique locaux pour distribuer les kits de tests et les récupérer pour analyse à Liège dans un premier temps. La plateforme nationale Bis sera, par ailleurs, bientôt mise sur pied: elle fait intervenir toutes les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles et on peut donc imaginer qu'à terme, les tests seront analysés dans les autres universités", estime le professeur.

Le test salivaire de l'université de Liège devrait également pouvoir être utilisé, ensuite, dans d'autres secteurs que celui des maisons de repos. "On imagine que les capacités de tests PCR vont encore fortement augmenter, ce qui permettra d'implémenter ce type d'action pilote dans d'autres secteurs. Nous avons opté en première instance pour les endroits où il y avait eu un problème au printemps dernier, la plupart des décès à cause du Covid-19 avaient été enregistrés dans les maisons de repos, qui doivent en tout cas rester la priorité. On pourrait toutefois imaginer que le test salivaire soit utilisé dans les hôpitaux psychiatriques, les écoles, les entreprises. Ce test devrait permettre de nous ramener à une vie normale relativement vite s'il est implémenté à plus grande échelle."

Le professeur Fabrice Bureau concède toutefois la fiabilité moindre du test salivaire par rapport au test naso-pharyngé. "Dans les deux cas, on réalise une analyse PCR. La seule différence est le prélèvement. On trouve plus facilement le virus dans le nez et dans la gorge que dans la salive. Par contre, on trouve des faux positifs dans les tests naso-pharyngés parce que l'écouvillon peut retrouver des débris de virus alors que la personne n'est plus contagieuse. A l'inverse, le patient qui porte le virus dans sa salive est contagieux. D'ailleurs, les recommandations qui nous sont faites, port du masque, distanciation, sont basées sur la projection de salive car on sait que c'est la salive qui transmet la maladie", conclut-il.