La semaine dernière, 73 médecins et six associations de médecins ont appelé à " supplémenter l’ensemble de la population en vitamine D " de façon préventive, estimant que cela pourrait " contribuer à réduire l’infection " du Covid-19. Il n’en fallait pas plus pour que cette vitamine qui est en fait une (pré-)hormone soit illico prise d’assaut dans les pharmacies.

Bien connue du public, la vitamine D a une double origine : on la trouve dans notre alimentation (œufs, beurre, poisson gras…) et elle est aussi synthétisée par l’organisme au niveau de la peau sous l’action des rayons solaires ou ultraviolets. Toutes les personnes qui sortent peu (les personnes âgées, les étudiants ou les accros des jeux vidéo) et les personnes dont la peau est foncée fabriquent très peu de vitamine D. Et globalement, "on estime que 50 % de la population générale est en manque de vitamine D, et ce sans le savoir ", estime le docteur Laurence Plumey.

Or, cette vitamine augmente l’absorption du calcium et du phosphore provenant des aliments dans le corps. " Elle dépose le calcium et le phosphore dans les os et les dents, les rendant ainsi plus solides et plus sains, et protège le système immunitaire contre les infections. Et c’est là qu’elle devient intéressante puisqu’elle mobilise nos défenses tout en contrôlant l’inflammation et freine l’action délétère du virus sur le fonctionnement de nos organes, qu’il s’agisse des poumons, du cœur et des reins. Raison pour laquelle on pense même que l’administration d’une dose forte de vitamine D dès le début de l’infection pourrait limiter le risque d’évolution vers une forme grave", estime le médecin.

Les études sont unanimes : " Un shoot de vitamine D, sous contrôle médical, dès le début d’une infection au Sars Cov-2, diminue le risque de développer une forme grave de Covid-19 et accélère le processus de guérison ." Mais attention au risque d’en prendre des doses excessives au motif de vouloir se protéger. " Cela n’a aucun sens. Le seul objectif est d’éviter les carences et donc de ne pas dépasser 600 à 1 000 UI par jour. Au-delà, il y a risque de surdosage !" Qui peut augmenter la calcémie et provoquer des nausées, des maux de tête, des douleurs des muscles et des os, des troubles du rythme cardiaque, mais cela reste très rare. En fait, " la supplémentation est tout simplement une garantie d’avoir des réserves de vitamine D suffisantes car on sait que les comportements et les choix alimentaires sont aléatoires ".