Jusqu'ici, le vaccin de Pfizer était autorisé dès 5 ans et celui de Moderna à partir de 18 ans.

Les deux sont désormais autorisés en urgence par l'Agence américaine des médicaments (FDA) pour les bébés, enfants et adolescents dès 6 mois d'âge, a-t-elle annoncé.

Le président américain Joe Biden s'est félicité d'une décision représentant "un grand soulagement pour les parents et familles à travers l'Amérique".

Les tout petits sont la dernière tranche d'âge n'ayant pas encore reçu cette protection aux Etats-Unis, comme dans de nombreux pays.

"Ces vaccins pour les plus jeunes enfants vont fournir une protection contre les cas les plus graves de Covid-19, comme les hospitalisations et les décès", a souligné lors d'une conférence de presse Robert Califf, le patron de la FDA.

Les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) doivent encore également recommander ces vaccins pour que les injections puissent commencer, possiblement dès mardi prochain. Cet ultime feu vert devrait, sauf grosse surprise, être accordé après une réunion d'experts qui se tenait sur deux jours ce vendredi et samedi.

Mais grâce à l'autorisation de la FDA, des millions de doses pouvaient d'ores et déjà commencer à être envoyées aux quatre coins du pays.

Les décisions de la FDA font souvent référence dans le monde. Pfizer a précisé dans un communiqué avoir l'intention de déposer une demande d'autorisation pour cette tranche d'âge auprès de l'Agence européenne des médicaments (EMA) "début juillet".

Pfizer en trois doses

Le vaccin de Moderna, en deux doses administrées à un mois d'écart, est désormais autorisé pour les enfants entre six mois et 5 ans à un dosage réduit de 25 microgrammes (contre 50 microgrammes pour les 6-11 ans, et 100 pour les 12-17 ans, comme les adultes).

Le vaccin de Pfizer-BioNTech est lui autorisé entre six mois et 4 ans à raison de 3 microgrammes par piqûre, soit un dixième du dosage utilisé pour les adultes.

Principale différence: il devra se faire d'emblée en trois doses -- les deux premières à trois semaines d'intervalle, la troisième administrée huit semaines après la deuxième. Les enfants le recevant ne seront donc pas protégés de façon optimale avant plusieurs mois.

"Il se peut que le vaccin de Moderna apporte une réponse immunitaire un peu plus rapidement. D'un autre côté, les trois doses de Pfizer peuvent apporter une réponse immunitaire plus importante après la troisième dose", a expliqué Peter Marks, responsable au sein de la FDA. Les deux vaccins présentent également de "légères différences dans le profil de sécurité", a-t-il ajouté.

Concernant les effets secondaires, lors des essais cliniques, les taux de fièvre observés après les injections de Pfizer étaient comparables à ceux des enfants ayant reçu le placebo.

Ce qui n'était pas le cas pour Moderna: environ un quart des jeunes enfants l'ayant reçu ont développé de la fièvre, notamment après la deuxième dose. Mais elle retombait en général au bout d'une journée.

La réponse immunitaire provoquée par ces deux vaccins à ARN messager a été validée en la comparant à celle suscitée chez les plus âgés.

Et le vaccin de Moderna s'est montré efficace à 51% contre les cas symptomatiques de la maladie chez les bébés de 6 mois à moins de 2 ans, et à 37% chez les enfants de 2 à 5 ans. Un pourcentage définitif d'efficacité n'a pas encore été arrêté pour Pfizer.

"Les parents peuvent se sentir confiants à l'idée de donner l'un ou l'autre de ces vaccins à leurs enfants", a assuré Peter Marks.

"Redoubler d'efforts"

Les Etats-Unis comptent environ 20 millions d'enfants âgés de moins de cinq ans.

Même si les plus jeunes sont moins vulnérables face au Covid-19, quelque 480 enfants de cette tranche d'âge en sont malgré tout décédés aux Etats-Unis. Ils peuvent aussi développer un Covid long, ou des cas graves de syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique.

Les taux d'hospitalisation ont par ailleurs fortement augmenté pour les tout petits durant la vague liée au variant Omicron.

Convaincre certains parents pourrait malgré tout se révéler compliqué. Les taux de vaccination sont déjà bien plus faibles chez les mineurs que les adultes.

"Les taux de vaccination sont trop bas, et nous savons que c'est un problème", a déclaré Robert Califf. "Nous devons redoubler d'efforts."