Le décès tragique de Maëlle, 17 ans, suite à un choc toxique, interpelle les jeunes filles qui, souvent, ne pensent pas plus que ça aux règles d'hygiène concernant les tampons hygiéniques.

Le décès de Maëlle, 17 ans, suite à un choc toxique, dû notamment au port d’un tampon, est un drame pour sa famille et a causé un choc chez beaucoup de jeunes filles qui utilisent en nombre cette protection lors de leurs règles. “Moi je sais que c’est pas génial mais quand je vais à l’école, je mets un tampon le matin chez moi et je le change quand je suis à nouveau chez moi la plupart du temps. Mais je ne savais pas pour le choc toxique, j’avais juste peur des mycoses”, confie Clara 16 ans en 5e secondaire. Ses copines font toutes plus ou moins la même chose. En cause : l’hygiène pas au top des toilettes de l’école, la promiscuité… En cas de fortes menstruations, elles rajoutent une serviette hygiénique. Et pourtant, elles savent “qu’il faut changer toutes les 4 ou 5h environ” mais “c’est plus pratique de laisser un tampon super-absorbant” et “de ne plus y penser”.

Lors des ateliers dans le cadre de l’EVRAS (L’Education à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle), "les règles et l’utilisation des tampons n’est pas le premier sujet que l’on aborde. Notre axe, c’est de parler avant tout de la vie sexuelle, affective et amoureuse pour que ces jeunes puissent comprendre les enjeux et s’épanouir", souligne Emmanuelle Zimmer, animatrice et assistante sociale au Planning familial Willy Peers de Namur. Cependant, cela arrive aux animatrices d’aborder le sujet de la puberté avec les élèves en âge d’y être confrontés, vers 13 ans. "Et l’on parle de serviettes, de tampons, de cup, de l’importance d’une bonne hygiène. J’ai déjà entendu des jeunes filles s’étonner et se rendre compte qu’elles gardaient trop longtemps leur tampon. Mais je ne veux pas faire une généralité", prévient Emmanuelle Zimmer.

Selon elle, le décès de Maëlle va toucher de nombreuses jeunes filles. Il est alors important, pour les parents notamment, de rappeler à quel point il est nécessaire de changer de tampon toutes les 4 ou 5/6 heures max, de ne pas dormir avec son tampon et de se laver les mains avant et après. Il faut aussi "changer ton tampon plus souvent les jours de flux plus abondant", conseille une marque de tampons hygiéniques et "d'adapter l'absorption du tampon au flux". "Les filles de 13 ou 14 ans utilisent principalement des serviettes car l’utilisation de tampon peut leur faire peur", souligne Emmanuelle Zimmer. Mais vers 15-16 ans, l’utilisation d’un tampon est une généralité. Son aspect pratique, interne, avec applicateur, joue en sa faveur dans le cadre de la vie scolaire.

A noter cependant que le syndrome du choc toxique est extrêmement rare. De nombreux facteurs doivent agir de manière concomitante pour qu'il se produise. En Belgique, on parle de moins de 5 cas par an.