À en lire leurs notices parfois kilométriques, tous les médicaments peuvent entraîner des effets secondaires graves. Prenons l’exemple du paracétamol : la notice indique que des éruptions cutanées, des réactions allergiques, des troubles de fonctionnement du foie, la chute anormale du taux de globules blancs, des douleurs abdominales… sont rapportés. Des cas potentiellement mortels, notamment lorsque l’effet secondaire touche le foie.

En Belgique, l’Agence fédérale du médicament (AFMPS) a recensé 118 notifications d’effets indésirables suspectés fatals l’an dernier pour l’ensemble des médicaments autorisés à la vente dans notre pays. "Et 560 hospitalisations ont été signalées, commente l’AFMPS. Il est important de souligner qu’il s’agit d’effets indésirables présumés. Il s’agit d’événements médicaux observés après l’administration ou le traitement d’un médicament, mais qui ne sont pas nécessairement liés ou causés par ce dernier."

Dans le cas du paracétamol, par exemple, "20 rapports de décès et 109 rapports d’hospitalisations ont été notifiés au cours des 10 dernières années", explique l’AFMPS qui admet toutefois que "les effets indésirables des médicaments ont toujours été sous-déclarés".

En 2008, la Commission européenne avait ainsi estimé à 197 000 le nombre de décès liés à l’absorption de médicaments en Union européenne. Ramené à l’échelle belge, cela correspondrait à plus de 3 000 décès annuels. En France, l’unité de pharmacovigilance de l’hôpital de Cholet estimait que 20 000 personnes perdaient la vie chaque année dans l’Hexagone des suites de l’ingestion d’un médicament.

Selon plusieurs organismes, les décès et hospitalisations rencontrés à la suite de l’absorption peuvent résulter tantôt d’un surdosage, tantôt de la combinaison malheureuse avec un autre médicament, tantôt d’une réaction anaphylactique mais aussi tout simplement de l’effet secondaire propre au médicament.