Contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire d’aller à la selle tous les jours… On n’évoque une constipation que si l’on y va moins de 3 fois par semaine, et ce avec difficultés et inconfort. En général, cette constipation est fonctionnelle, et la solution est dans l’assiette, à enrichir de fruits et de légumes, ou dans la nature.

Sans risque et efficace
Le psyllium pour gonfler les selles

Cette plante contient au moins 10 % de mucilages, des fibres solubles qui forment un gel visqueux au contact de l’eau qui leste les selles, alors plus enclines à se diriger vers la sortie. Laxatif “de lest”, le psyllium modifie la consistance des selles, augmente le bol fécal, lubrifie la paroi intestinale, ce qui stimule le côlon. Autres avantages : une réduction du risque de cancer du côlon et une moindre absorption des graisses par la muqueuse intestinale, ce qui abaisse le cholestérol sanguin.

"Pour traiter une constipation chronique, on fait macérer à froid 1 à 2 c. à soupe de graines de psyllium (Plantago psyllium) pendant une nuit, à consommer chaque matin dans une compote de fruits ou avec une poignée de pruneaux, plongés dans un verre d’eau toute la nuit," propose le Dr Jean-Michel Morel. On peut aussi le prendre sous forme de poudre : 1 c. à soupe de graines de psyllium blond (Plantago ovata) délayée dans de l’eau, un verre le soir.

À utiliser très ponctuellement
Le séné pour les hydrater

À l’image d’autres plantes laxatives, telles que la bourdaine ou la rhubarbe, la gousse de séné renferme des dérivés anthracéniques. Ceux-ci font se contracter les cellules de l’endothélium intestinal, les vident de leur eau qui ainsi imbibe les selles et facilite le transit. En raison de ce mode d’action, on y recourt pour trois jours au plus, et son usage doit être réservé aux constipations occasionnelles. "Le risque sinon, prévient le Dr Morel, est celui d’une dépendance à ces plantes qui deviennent indispensables, la constipation récidivant à l’arrêt, un inconvénient qui oblige ensuite à une désintoxication." Sans compter qu’elles peuvent provoquer des diarrhées chroniques ou une déshydratation chez les personnes âgées ou fragiles.

En fonction des effets souhaités, on laisse macérer à froid 2 à 6 gousses (5 à 20 g), et on boit une tasse le matin. À éviter chez l’enfant.

Une solution douce et durable
Les graines de lin pour rééduquer l’intestin

Dans ces graines, on trouve de l’huile riche en acides gras polyinsaturés et des mucilages, soit tout ce qu’il faut pour faciliter le transit : augmentation du volume des selles et lubrification des parois de l’intestin. Ces composés rééduquent le côlon en douceur. La flore intestinale et le statut lipidique en sont également améliorés.

"Une cuillerée à soupe de graines pilées ou moulues, trempées pendant 20 minutes dans 150 ml d’eau (l’équivalent d’un grand verre), à prendre en fin d’après-midi" , précise le Dr Morel. Et ce, à long terme, sans inconvénient.

Le coup de pouce en plus
La feuille d’artichaut pour accélérer le transit

Indispensables encore, des plantes qui soutiennent le travail du foie, partenaire d’un transit satisfaisant. Parmi elles, l’emblématique artichaut, qui stimule les fonctions hépatiques et biliaires (la sécrétion de la bile par les cellules du foie et son évacuation) et, par ricochet, qui accélère la circulation des selles.

On utilise les feuilles fraîches ou séchées, infusées ou sous forme d’extrait aqueux, en préparation prête à l’emploi, en cures discontinues, courtes, d’une semaine, que ce soient en tisane (1,5 g en infusion 4 fois par jour), poudre (800 à 1 500 mg par jour) ou extrait sec (400 à 600 mg par jour). L’artichaut est toutefois déconseillé en cas d’obstruction des voies biliaires.

Intestin irritable, que prendre ?

Les graines de psyllium sont sûres même en cas d’intestin irritable. Le Dr Morel conseille aussi des huiles essentielles (HE) antispasmodiques, celle de basilic surtout, régulatrice de la flore intestinale, mais aussi d’estragon (antistress en prime). Paresseux et irritable ? On choisit les HE de baies de genévrier ou de coriandre : une goutte d’HE dans 1 c. à café d’huile végétale (macadamia), dont on masse le ventre, dans le sens des aiguilles d’une montre, chaque soir pendant quelques jours.