Plus elles sont anciennes, plus il devient difficile de les estomper. Mais il est possible d’en améliorer la couleur ou le relief.

Le bon moment pour agir

"Nous considérons qu’une cicatrice n’évoluera plus après 18 mois", explique le Dr Olivier Cogrel, dermatologue. Pendant cette période, trois gestes sont essentiels pour qu’elle soit le moins visible possible : la protéger du soleil, l’hydrater tous les jours et bien la masser. Si malgré ces bonnes habitudes, elle reste boursouflée, colorée ou blanche, il faut alors recourir à des techniques médicales.

Les lasers, pour uniformiser la peau

Les séances de 15 à 30 minutes doivent se faire à distance d’une exposition au soleil. Pour en améliorer le relief : le laser ablatif fractionné stimule, grâce à de la chaleur, une nouvelle formation de collagène. En association avec les diodes électro­luminescentes (LED), il améliore l’aspect de la cicatrice. Lorsque cette dernière est en creux, les médecins préfèrent les lasers froids, au CO2 ou à l’Erbium. Le premier est utilisé pour les cicatrices résiduelles du visage (acné, varicelle). Le second, pour corriger des cicatrices plus profondes qui laissent des "trous" dans la peau. Une séance suffit, mais l’anesthésie locale est alors nécessaire. "Il est normal de ressentir un picotement semblable à un coup de soleil sur la région traitée", avertit le médecin.

Pour éclaircir une cicatrice foncée : le laser pigmentaire cible la mélanine afin d’unifier sa couleur avec celle de la peau avoisinante. Pour les peaux foncées, les médecins prescrivent d’abord l’application d’actifs dépigmentants doux et non irritants à base de corticoïdes pour mettre au repos les cellules pigmentaires, à commencer au moins deux semaines avant la première séance et à poursuivre pendant et après les séances. Après le traitement, les taches prennent une couleur grisée ou plus foncée. Quelques jours plus tard, des petites croûtes se forment ; elles s’éliminent progressivement et d’autant plus vite si l’on applique une crème cicatrisante en couche épaisse. Une tache rosée peut persister quelques semaines puis la peau reprend sa couleur naturelle.

La dermopigmentation, pour recolorer une cicatrice blanche

Inspirée du tatouage, la dermo­pigmentation médicale consiste à introduire un pigment dans le derme à l’aide d’un appareil électrique muni d’aiguilles. Les pigments utilisés permettent de modifier la couleur de la cicatrice, en restant au plus proche de la carnation de la peau. Présentés en solution stable de poudre de pigments colorés, d’alcool, de glycérine et d’eau purifiée, ils sont très bien tolérés par l’organisme. Les aiguilles et les pigments étant stériles et à usage unique, le risque de contamination est donc limité. Une rectification de teinte peut être envisagée un mois après la première séance.

Bilan : le résultat est satisfaisant. En général, une à trois séances suffisent.

Des injections de corticoïdes, pour affiner des cicatrices épaisses

Les cicatrices boursouflées, aux bords épais (hypertrophiques ou chéloïdes) sont particulièrement disgracieuses. Pour les rendre moins visibles, les dermatologues préfèrent opter pour l’injection de corticoïdes à action "retard", dont l’action perdure dans le temps. L’injection est réalisée après l’application d’une crème anesthésiante, à l’aide d’une microseringue ou d’un dispositif appelé "dermojet", sorte de seringue sans aiguille. Les injections sont espacées de 3 à 6 semaines.

Des vêtements compressifs, pour lisser les marques

La prescription de ces vêtements permet d’aplanir certaines cicatrices épaisses. Commandés sur mesure à la pharmacie, ils garantissent des résultats, à condition d’être portés jour et nuit pendant au moins 6 mois.

L’inconvénient : ces vêtements compressifs coûtent cher : à partir de 90 €.