Dans les circuits courts, les fruits et les légumes sont cueillis à maturité, avec peu ou pas de stockage dans les frigos et un délai d’un ou deux jours avant d’arriver chez le consommateur, dit Denis Lairon nutritionniste. La vitamine C, les polyphénols et les caroténoïdes, nutriments les plus sensibles aux facteurs d’oxydation se préservent mieux. Les légumes, et surtout les fruits issus de filières courtes ont plus de goût, parce qu’ils sont cueillis à maturité et parce que les producteurs sélectionnent des variétés pour leurs qualités gustatives, contrairement aux filières longues où les critères s’appuient d’abord sur le rendement et la capacité à résister au transport et aux manipulations. Or, manger un fruit savoureux a un impact nutritionnel important car il incite ceux qui en mangent peu à en consommer davantage. Cela dit, à produits de saison équivalents, ceux qui sont en circuit long certifiés bios sont préférables du strict point de vue de la santé à ceux en circuit court cultivés avec des traitements chimiques.”

“Les circuits courts valorisent les produits frais et de saison, raccourcissent les délais entre production et consommation, favorisent les contacts directs entre producteurs et consommateurs, explique Yuna Chiffoleau, coauteure de “Et si on mangeait local ?” Tout ceci tend à “écologiser” les pratiques agricoles, en minimisant l’utilisation des traitements chimiques ou si possible en les supprimant. Ce qui a pour conséquence un impact évident pour la santé. Autre intérêt : dans les circuits courts, les modes de transformation ne sont pas les mêmes que dans les circuits longs. Ils utilisent moins de conservateurs, d’additifs, au profit de procédés qui respectent mieux l’intégrité des matières premières.”

“D’après les études menées au niveau européen, les innovations dans les filières courtes, et les pratiques d’hygiène pour les produits agricoles comme les fruits et légumes, la viande ou le lait sont très satisfaisantes, dit enfin Christophe Cotillon, ingénieur agronome. En revanche, la transformation des aliments à la ferme, par exemple, les conserves, les pâtés, les compotes et les fromages, peut poser plus de problèmes. On observe parfois des lacunes de formation des producteurs sur les règles d’hygiène, les matériels et les équipements nécessaires, et dans le savoir-faire. D’où un risque sanitaire potentiel pour les consommateurs. De plus, si l’on peut supposer que les produits frais venant des circuits courts sont meilleurs pour la santé, les acheteurs ne sont pas toujours bien informés sur les bonnes pratiques de consommation. Par exemple, si ces produits séjournent trop longtemps dans un frigo, leurs bienfaits nutritionnels se perdent vite.”