Un rapport de l’OMS pointe du doigt le manque d’activité physique de nos jeunes.

Quand nous pensons aux adolescents, nous les imaginons souvent avec leurs amis, le nez sur le smartphone ou avachis sur le canapé devant une série ou un jeu vidéo. L’activité physique ne semble pas être leur priorité. Un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), publié dans la revue The Lancet Child & Adolescent Health, le confirme. L'étude révèle que quatre adolescents sur cinq ne font pas suffisamment de sport. En Belgique, 79% des adolescents sont dans ce cas, contre 88% pour les adolescentes.

L’école prend beaucoup de temps. Les parents peuvent être exigeants dans les devoirs et les cours. Le sport est abandonné au détriment de l’école” explique Nathalie Vancraeynest, coach parentale et scolaire. Elle avance aussi un manque d’estime de soi, notamment chez les jeunes filles. “Elles peuvent complexer sur leur physique et décider de ne pas le montrer. Elles en arrivent à boycotter le sport par crainte d’être jugées par les autres”.

Ne pas forcer l'enfant

Le sport est souvent assimilé à une activité en club ou en salle. A tort. “Faire du sport, c’est bouger, faire des petits mouvements tous les jours”. Ces derniers sont simples et accessibles à tous. Nathalie Vancraeynest propose de se rendre à l’école à pied ou en vélo, le matin comme le soir, descendre du bus un arrêt avant, préférer les escaliers à la place de l’ascenseur. Les adolescents peuvent se réunir avec leurs amis et découvrir des activités ensemble. Le week-end, favoriser les promenades en famille ou le jardinage. S’il y a un chien dans la famille, il est aussi possible de le sortir en famille.

La coach insiste justement sur le rôle des parents. “Les adolescents ont besoin de modèle, y compris pour le sport. S’ils ont des parents qui ne bougent pas, qui allument tout de suite la télévision une fois rentrés du travail, l’enfant ne va rien faire. C'est aux parents de dire, on se bouge ! Car les adolescents doivent bouger, ils ne sont pas faits pour être statiques”. L’enfant doit être initié au mouvement le plus tôt possible, dès qu’il capable de bouger, mais sans le forcer. “Ce n’est pas une bonne idée. L’enfant ne construit pas un plaisir. Il se sent sous la contrainte de satisfaire sa maman ou son papa. Le sport risque de devenir une corvée. Il n’en tirera alors aucun bénéfice”.

Une heure de sport par jour

Pour encourager l’activité physique, la coach propose d’augmenter les heures de sport à l’école. “Une heure par jour, ce serait l’idéal”. Cela tombe bien, l’OMS préconise justement une heure d’activité sportive par jour. “Il ne faut pas forcément dégager une heure complète. L’adolescent peut marcher 10 minutes aller-retour à son école, faire 20 minutes de vélo plus tard, 30 minutes de foot, de basket, de danse. Tout cela dans la même journée”.

Bouger a des bienfaits sur notre corps et notre cerveau. “Quand nous faisons du sport, nous sommes en mouvement. Le cerveau a justement besoin d’être en mouvement pour s’oxygéner. Les performances n’en seront que meilleures. Mais attention, le cerveau doit être nourri et hydraté en parallèle”.