Pedro Facon, nouvel interlocuteur de la conférence de presse, a indiqué la volonté de la Belgique de faire évoluer sa stratégie de testing. Cette nouvelle stratégie se veut commune dans l'ensemble du pays.

" Les tests PCR restent le standard du testing. Ils sont les plus fiables. Mais ils ne sont plus les seuls composants de la nouvelle stratégie de testing", déclare-t-il avant d'ajouter: " Chez les patients présentant des symptômes, les tests antigéniques rapides sont aussi fiables que les tests PCR, s'ils sont réalisés dans les 5 premiers jours suivants l'apparition des symptômes".

La sensibilité des tests rapides dépend également en grande mesure de la qualité du prélèvement. C'est pourquoi ces tests doivent aussi être réalisés par un personnel de soin formé, dans un lieu adéquat, afin d'en garantir la plus grande fiabilité possible. "En cas de forte suspicion de COVID-19 et d'un test rapide négatif ou en cas de personnes vulnérables ayant des plaintes COVID-19, un test PCR doit être demandé", peut-on aussi lire sur un communiqué officiel.

"Pour les personnes suspectées d'être positives au coronavirus, même si un test antigénique donne un résultat 'négatif', on continue quand même à se faire tester avec un PCR, pour être sûr à 100%" expliquait Pedro Facon, lors de la conférence de presse.

Du côté des patients asymptomatiques, les tests antigéniques donnent, selon plusieurs études, des résultats moins fiables. Cependant, les tests rapides sont fiables chez les personnes qui restent asymptomatiques avec une charge virale élevée, et qui sont donc contagieuses.

En ce qui concerne les échantillons de salive sur les tests PCR, ils sont également prometteurs. Ce testing est intéressant car il ne nécessite pas de personnel de santé pour l'établir et est plus accessible pour les enfants. "Ils ne sont pas encore approuvés par la loi belge, mais on cherche à les inclure à terme, si la fiabilité est bonne", déclarait Pedro Facon. Toutefois, un test PCR doit être effectué sur ces échantillons, et non un test antigène rapide, précise le communiqué officiel.

En Wallonie, un grand projet pilote a été lancé, dans le cadre duquel le personnel de toutes les maisons de soins et de repos non infectés est testé chaque semaine à l'aide de la salive du matin.

A Anvers, un autre projet consistera en: "des tests PCR de salive qui seront comparés aux tests PCR de nez profond dans les écoles secondaires", ce qui offrira une alternative plus accessible pour les enfants.

D'autres stratégies sont à l'étude comme : l'utilisation de chiens pisteurs, des tests respiratoires, etc. Par contre, l'auto-testing n'est pas autorisé par la loi.

La place des tests rapides antigéniques

Ils seront utilisés sur les personnes symptomatiques dans les hôpitaux et par la suite ils pourront être utilisés dans les centres de tests et cabinets de médecins généralistes. L'objectif de cette stratégie est d'"étudier les conditions cadres, notamment la logistique, pour l'introduction de tests rapides en médecine de première ligne et de recueillir des informations pour la poursuite du déploiement de cette stratégie de test", est-il précisé sur le communiqué.

" Ces tests seront également utilisés dans l'étude des clusters dans les collectivités à profil de risque 'faible'". établit le professeur Herman Goossens, nouvel invité de la conférence de presse. " Ces tests peuvent trouver leur intérêt dans les écoles, qui ne devront pas fermer l'entièreté d'une classe lors de la présence de plus de deux cas de coronavirus". En outre, les élèves et les enseignants/personnel dont le résultat du test est positif sont mis en quarantaine plus rapidement, ce qui réduit le risque de propagation du virus, explique le communiqué.

En Flandre, une étude se fera dans les établissements de soin de santé. Ils seront effectués sur des résidents symptomatiques, toujours en combinaison avec les PCR jusqu'à ce que l'on dispose de connaissances suffisantes sur la fiabilité de ces tests antigènes rapides.

"Sur la base des connaissances scientifiques actuelles, les tests antigènes rapides ne peuvent pas être utilisés comme preuve concluante de l'absence d'une infection COVID-19 dans une population aléatoire. Tout au plus peut-on dire que le jour d'un test négatif, cette personne pourrait ne pas être contagieuse", peut-on lire sur le communiqué officiel. 

Enfin, un cadre juridique est en cours de fabrication: "Il fixe les conditions de mise à disposition, de collecte, de mise en œuvre et d'analyse. Un tel cadre juridique est nécessaire parce que des tests rapides moins fiables arrivent sur le marché. Dans ce contexte, l'enregistrement des résultats auprès de Sciensano ainsi que le remboursement seront également réglementés", précise le communiqué.