Après 22h, le seul moyen d’obtenir le contact des pharmacies de garde sans devoir se déplacer est un numéro payant.

Depuis le 5 janvier 2015, il n’existe que deux moyens d’obtenir les coordonnées des pharmacies de garde après 22h : se déplacer jusqu’à la pharmacie la plus proche pour consulter l’affichage des officines ouvertes ou composer un numéro de téléphone. La particularité de cet appel ? Il est facturé à 1,50 euro la minute. De quoi susciter la grogne des patients confrontés à une situation d’urgence.

La Ligue des usagers de services de santé (LUSS) dénonce un véritable obstacle mis sur le chemin du patient : "Ce sont des personnes en situation d’urgence et le système de call center peut gêner les utilisateurs à plusieurs niveaux."

Par exemple, certains détenteurs d’abonnements téléphoniques bloquent les numéros payants pour des questions financières.

Autre problème pointé du doigt : le financement de ce call center. Pour la LUSS, ce n’est pas aux patients de payer mais bien à l’Etat.

De son côté, l’Association pharmaceutique belge (APB), à l’origine de ce service, estime la mise en place de ce numéro payant nécéssaire. "Les pharmaciens en avaient marre d’être dérangés à toute heure de la nuit pour autre chose que des urgences. Certains venaient pour demander un test de grossesse à 4 h du matin !", rappelle Alain Chaspierre, le secrétaire général de l’Association pharmaceutique belge. "La pharmacie n’est pas un nightshop !"

L’APB se dit en revanche consciente du problème du coût. En concertation avec la ministre de la Santé et les associations de patients, l’organisation recherche une solution moins onéreuse pour le patient. Une piste évoquée est la création d’un numéro gratuit européen.

Mais cette idée ne fait pas l’unanimité. L’organisation de défense des consommateurs Test-Achats estime que ce n’est pas au contribuable d’assumer les frais : "Si le système est développé pour les pharmaciens, dans leur intérêt, sans que cela réponde à une demande des patients ou à une nécessité pour eux, il ne nous semble a priori pas très correct de faire payer le tout par les autorités (avec nos impôts)."