Au-delà, l'opération logistique devient selon eux trop complexe. Le groupe de réflexion composé de chercheurs des universités d'Anvers, de Gand et de Hasselt a conclu que la Belgique doit idéalement disposer de 40 à 73 centres. La vaccination pourrait ainsi se faire relativement près de chez soi, tandis que la logistique resterait gérable.

Le gouvernement prévoit cependant un centre pour 50.000 habitants, soit plus de 200 centres. Ce choix a des ses avantages, accorde Roel Gevaers, de l'UAntwerp. "Des études ont montré que la couverture vaccinale s'améliore quand les gens peuvent être vaccinés plus près de chez eux", explique-t-il.

Un réseau dense peut par contre générer des problèmes d'organisation, relève Wouter Dewulf (UAntwerpen). "Nous disposerons bientôt de quatre ou cinq vaccins, qui doivent chacun être conservés dans des conditions différentes. Ce sont les hôpitaux qui approvisionneront les centres de vaccination: plus il y aura de centres, plus la tâche sera complexe pour les hôpitaux et plus il y aura de chances que certaines doses de vaccin ne soient pas utilisées à la fin de la journée."

C'est pourquoi les chercheurs plaident pour des centres de vaccination de grande ampleur, comme des lieux d'événements ou des centres sportifs. "Ces endroits disposent d'assez de locaux administratifs, sanitaires et de stockage", ajoute Lars De Slover de l'UGent. "Ils disposent en outre souvent d'un réseau de technologies de communication adéquat, ce qui est important pour la cybersécurité."

Le groupe d'experts a cartographié la planification optimale des centres de vaccination. "Nous avons compilé les paramètres démographiques, logistiques et de mobilité, comme la densité de population et l'accessibilité", explique Nico Van de Weghe (UGent). "Dans chaque province, cinq à six villes et communes se distinguent."

"Nous demandons au gouvernement de se concentrer sur un équilibre entre proximité et mobilité d'une part, logistique et organisation d'autre part", conclut Niel Hens (UHasselt).