Premier avertissement important, les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène par exemple, disponibles en automédication, ne doivent surtout pas être utilisés à mauvais escient.

Tous les anti-inflammatoires font baisser la fièvre et soulagent la douleur, parfois mieux que le paracétamol. Mais ils provoquent aussi plus d’effets indésirables : digestifs surtout, avec un risque d’ulcères et d’hémorragies, mais aussi rénaux et cardiovasculaires. Il est donc recommandé de toujours privilégier le paracétamol et de réserver l’ibuprofène aux maux de tête, douleurs de règles, douleurs articulaires ou traumatiques (entorses) non soulagées par le paracétamol.

Lors de maladies infectieuses, ils sont à éviter, voire à proscrire. Les anti-inflammatoires peuvent aggraver l’évolution d’une infection car en diminuant la réaction inflammatoire, ils diminuent les défenses de l’organisme… et laissent le champ libre aux virus et aux bactéries ! Ainsi, leur prise au cours de pathologies respiratoires (grippe, toux, otite…) peut se compliquer de pneumonies, d’encéphalopathies ou de méningites. D’où la consigne : pas d’ibuprofène ni de kétoprofène en cas de Covid-19 !

Au cours d’angines, des abcès des amygdales sont observés. C’est pourquoi des pastilles à sucer contenant un anti-inflammatoire (Strefen) sont disponibles sur ordonnance. Ces complications pouvant survenir les 3 premiers jours de prise de l’anti-inflammatoire, dans ces infections ORL courantes, mais aussi en cas de douleurs dentaires dont l’origine est parfois infectieuse (abcès…), on ne les utilise qu’en accord avec le médecin et/ou en attendant une consultation rapide. Si l’on soupçonne une varicelle ou un zona, leur emploi est déconseillé.

La dose la plus faible possible en respectant les contre-indications. Si la prise de paracétamol ne soulage pas au bout d’1 à 2 heures, on débute par 200 mg d’ibuprofène (chez l’adulte), avant de passer, en cas d’inefficacité, à 400 mg par prise, 3 fois par jour à 6 heures d’intervalle. En automédication, on limite le traitement à 3 jours en cas de fièvre, 5 jours en cas de douleurs en respectant les contre-indications : grossesse, antécédents d’ulcère gastro-duodénal, insuffisance cardiaque ou rénale et prise d’anticoagulants.

Et ceux appliqués sur la peau ? Les gels anti-inflammatoires provoquent moins d’effets indésirables et ne risquent pas d’aggraver une infection. On peut donc les utiliser pour soulager les douleurs rhumatismales ou post-traumatiques. Mais attention, certaines contre-indications (grossesse) demeurent par prudence !

Jamais deux en même temps

Attention à ne pas associer l’ibuprofène, présent dans de nombreux médicaments d’auto­médication, avec un anti-inflammatoire prescrit par le médecin pour une autre indication ! Le risque d’effets indésirables serait très fortement augmenté.