Après une première phase de test dans plusieurs maisons de repos du pays, la campagne de vaccination contre le coronavirus débute officiellement ce mardi 5 janvier en Belgique. Alors comment va se dérouler cette campagne? A quels défis devrons-nous faire face et pour quand pouvons-nous espérer un effet réel de cette vaccination sur la propagation du Covid-19?

Yvon Englert, délégué Covid-19 en Wallonie et membre de la task force "vaccination" a répondu aux questions que se posent les Belges sur les ondes de La Première ce matin. 

Un taux d'adhésion en hausse 

La première bonne nouvelle est que le taux d'adhésion à la vaccination progresse au sein de la population. En Wallonie, on estime que 83% des résidents de maison de repos veulent se faire vacciner: "C'est une bonne nouvelle car c'est un taux d'adhésion comparable à celui que l'on avait dans les maisons de repos 'test'". Selon un dernier rapport de Sciensano, c'est plus de 60% de la population totale qui annonce vouloir se faire vacciner, soit un taux en net progression par rapport au dernier sondage (49%).

Face à cette adhésion en hausse, on commence à ressentir une certaine impatience de la part de certains. "On voit que ça marche dans d'autres pays, que les effets secondaires sont nuls - ou en tout cas sont ceux attendus (douleurs au bras, légers syndromes grippaux) - et donc, cela rassure", confirme Yvon Englert.   

L'impatience grandit

Alors pourquoi ne pas accélérer cette campagne, à l'image de l'Allemagne, où 200.000 personnes ont pu être vaccinées en une seule semaine? "Il faut ramener les chiffres à la population", tempère celui que l'on surnomme "Mr Vaccin". "Proportionnellement, par rapport à notre population, nous serons en mesure de vacciner plus que l'Allemagne". Yvon Englert précise également qu'à l'heure actuelle, on ne dispose que du vaccin Pfizer en Belgique, et qu'il faut donc attendre que d'autres échantillons soient autorisés par l'Agence européenne des médicaments, ce qui devrait être le cas pour le vaccin Moderna dans les prochains jours. "On pourrait avoir des doses de Moderna pour fin janvier, ce qui accélèrerait notre campagne, car l'échantillon a des exigences de congélation un peu moins sévères". 

Pas d'immunité collective avant la fin de l'année

Si la campagne de vaccination va connaître un coup d'accélérateur dans les prochains jours, il ne faut toutefois pas s'attendre à ce que l'entièreté de la population soit vaccinée dans les prochaines semaines, ni même les prochains mois. Pour que 70% de la population soit vaccinée, ce qui correspond environ au seuil nécessaire pour atteindre l'immunité collective en Belgique, il faudra encore patienter: "Ce ne sera pas avant la fin de l'année, peut-être le mois d'octobre si tous les vaccins qui sont dans le pipeline reçoivent bien l'autorisation", annonce d'emblée le délégué Covid-19 en Wallonie. "Mais je rappelle qu'en un an, avoir un vaccin contre une nouvelle maladie, c'est quand même magnifique", souligne Yvon Englert.

Enfin, l'ancien recteur de l'ULB rappelle que le vaccin se fera toujours sur une base volontaire et restera non-obligatoire, même pour le personnel soignant.