Dioxyde de titane, triclosan… Certains ingrédients présents dans les dentifrices sont pointés du doigt pour leur toxicité. Vers quelles formules faut-il se tourner ? Comment les choisir ?

1) Pourquoi certaines substances contenues dans les dentifrices classiques posent-elles problème ?

Selon une étude de l’association Agir pour l’Environnement, au moins 271 dentifrices vendus en France contiennent du dioxyde de titane (ou E171). Ce colorant favorise la blancheur et la brillance, mais il est considéré comme cancérogène possible par le Centre international de recherche sur le cancer. À l’état de nanoparticules, il pénètre l’organisme pour se retrouver dans le sang. Pour l’heure, l’utilisation de cette substance dans les produits alimentaires est suspendue (depuis le 15 avril) et sera interdite en France à partir du 1er janvier 2020. Les associations de consommateurs ont demandé une extension de la suspension à "tous les produits qui peuvent être totalement ou partiellement ingérés", et donc les dentifrices.

De la même façon, le triclosan n’aurait pas sa place dans les produits d’hygiène. Cet anti-inflammatoire, utilisé pour apaiser les gencives et lutter contre la formation de la plaque dentaire, fait partie des perturbateurs endocriniens connus, et induirait des troubles de la reproduction. De plus, il se dégrade en composés toxiques, cancérigènes, qui s’accumulent dans le corps. Dans les dentifrices, sa concentration ne doit pas dépasser 0,3 %.

2) Que faut-il surveiller d’autre dans la formule ?

Certains parabènes, tels que le butylpa­raben et le propylparaben, ont désormais été exclus des cosmétiques et produits d’hygiène, et ont été remplacés par le méthylparaben et l’éthylparaben. Mais certains industriels, qui ont supprimé les parabènes, les ont remplacés par la méthyliso­thiazolinone, un produit allergisant. À observer également : les tensioactifs, parfois irritants (sodium lauryl sulfate), les agents polissants parfois abrasifs (silice ou bicarbonate de sodium) en concentration élevée dans les dentifrices blanchissants.

3) Que doivent-ils contenir ?

"Des fluorures. Ces minéraux sont les meilleurs agents anti­caries, et ils favorisent la reminéralisation de l’émail", conseille Bruno Abehassera, dentiste. Leur dosage est adapté à l’âge de l’utilisateur, et doit être inférieur à 1 000 ppm chez les enfants de moins de 6 ans.

4) Sont-ils efficaces ?

Oui ! Des actifs naturels sont utilisés dans les formulations naturelles bios pour lutter contre les caries et le tartre. Les alternatives aux molécules controversées existent, et ont démontré leur efficacité, d’autant que c’est avant tout le brossage qui élimine la plaque dentaire.