En Belgique, trois vaccins sont déjà utilisés dans la campagne de vaccination (Pfizer/BioNTech, Moderna, et AstraZeneca), il n'est toutefois pas possible de choisir quel vaccin on va recevoir. " A aucun moment, les gens ne pourront choisir quel vaccin leur sera injecté", avait assuré Dirk Ramaekers, le chef de la taskforce vaccination, alors qu'un problème informatique avait révélé à certains Belges le vaccin qu'ils allaient recevoir. La vaccination n'est cependant pas obligatoire, le gouvernement mise sur une adhésion volontaire de la population.

Bien que le choix s'avère impossible, voici un tour d'horizon des vaccins disponibles et en devenir dans le monde.

Ils sont déjà là

Pfizer/BioNTech : vendu sous le nom commercial de Comirnaty, ce vaccin est autorisé dans l'Union européenne, aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et dans de nombreux autres pays. Développé par le géant américain Pfizer et le laboratoire allemand BioNTech, il est basé sur la technologie de l'ARN messager et affiche un très fort taux d'efficacité (95%). L'ARN du virus est génétiquement modifié, afin de le rendre inoffensif en gardant le même code génétique, toujours dans le but de créer une réponse du système immunitaire.

En vie réelle, cette efficacité monte même à 97% contre les cas symptomatiques et les formes graves de Covid, ont souligné ses fabricants, sur la base de données israéliennes. Selon eux, cette efficacité est de 94% contre l'infection elle-même, ce qui peut laisser espérer que le vaccin empêche la transmission du virus.

Dans un communiqué, la firme pharmaceutique a affirmé que son vaccin était toujours efficace contre les variants, ce qui a été corroboré par plusieurs études.

Moderna : autre vaccin à ARN messager, il a des caractéristiques très proches du précédent, avec 94,1% d'efficacité, et la protection commence 14 jours après la première dose. Ce vaccin américain est autorisé dans l'UE, en Amérique du Nord, au Royaume-Uni (où il n'est toutefois pas encore disponible) et dans quelques autres pays, comme Israël ou Singapour. Moderna a assuré une efficacité inchangée de son vaccin contre le variant britannique, toutefois le variant sud-africain lui est davantage résistant. La firme a donc lancé des essais cliniques pour tester une nouvelle version du vaccin effcicace contre le variant sud-africain.

AstraZeneca/Oxford : conçu par l'université anglaise d'Oxford et le labo anglo-suédois AstraZeneca, ce vaccin utilise une technologie différente, dite "à vecteur viral". Il est autorisé dans l'UE, au Royaume-Uni et dans certains autres pays moins riches comme l'Inde (où il est vendu sous le nom de Covishield). C'est un vaccin à adénovirus recombinant, et pas à ARNm comme Pfizer/BioNTech et Moderna. Son principe repose sur l’injection d’un virus inoffensif pour l’homme, ce qui entraîne la fabrication par l’organisme de la protéine S du SARS-CoV-2. Il est efficace à 60% selon l'Agence européenne du médicament (EMA), tout en étant moins cher et plus facile à stocker que les deux précédents. Mais il a fait l'objet de plusieurs critiques, sur le manque de données concernant son efficacité chez les plus âgés ou ses possibles effets secondaires plus importants. D'abord réservé au moins de 55 ans en Belgique, son utilisation a été étendue à l'ensemble de la population le 2 mars.

Le 11 mars, le Danemark, l'Islande et la Norvège, ont suspendu son utilisation jusqu'à nouvel ordre, à cause de craintes liées à la formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinée. Déjà début mars, l'Autriche avait annoncé avoir cessé d'administrer un lot de vaccins produits par le laboratoire anglo-suédois, après le décès d'une infirmière de 49 ans. Quatre autres pays européens, l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie et le Luxembourg, avaient suspendu dans la foulée les vaccinations avec des doses provenant de ce lot, livré dans 17 pays et qui comprenait un million de vaccins.

Spoutnik V : développé par la Russie, ce vaccin à vecteur viral est efficace à 91,6%. En plus de la Russie, il est homologué selon ses concepteurs dans 48 pays, les derniers en date étant le Kenya et le Maroc cette semaine, en plus du Bélarus, de l'Arménie, du Venezuela, de l'Iran, de la Corée du Sud, de l'Argentine ou de l'Algérie). Il est en outre examiné depuis le 4 mars par l'Agence européenne du médicament (EMA), une étape-clé pour son éventuelle autorisation. Trois pays de l'UE, la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque, l'ont toutefois déjà autorisé unilatéralement.

Johnson & Johnson : L'Agence européenne des médicaments, a donné son feu vert pour l'utilisation du vaccin de la firme américaine en Europe, ce mercredi 11 mars. L'Afrique du Sud a annoncé le 10 février qu'elle le préférait finalement à celui d'AstraZeneca, jugé pas assez efficace contre le variant sud-africain du coronavirus. Il est aussi utilisé par les États-Unis depuis fin février, ainsi que par le Canada depuis début mars. Seul vaccin unidose, le Johnson & Johnson est à "vecteur viral". Il utilise comme support un autre virus peu virulent, transformé pour y ajouter des instructions génétiques d'une partie du virus responsable du Covid-19. Le vaccin de Johnson & Johnson est efficace à 66% en général et à 85% contre les formes graves, selon le fabricant. Les effets secondaires les plus fréquemment observés lors des essais cliniques étaient une douleur à l'endroit de l'injection, des maux de tête, de la fatigue et des douleurs musculaires. Contrairement aux autres, il ne nécessite qu'une injection et non deux, et est conservable pendant trois mois.

Sinopharm : les deux vaccins développés par le laboratoire chinois utilisent la technique classique du virus inactivé. Ils sont présents en Chine et dans plusieurs autres pays, dont les Emirats arabes unis, la Hongrie (exception européenne), le Pérou, le Cambodge, le Sénégal ou l'Irak. Ses concepteurs se prévalent d'une efficacité de 79% mais les données sur lesquelles ils se basent n'ont pas été publiées.

Sinovac : lui aussi basé sur un virus inactivé, ce vaccin chinois vendu sous le nom de CoronaVac est autorisé en Chine, au Chili, au Brésil, aux Philippines, en Ukraine ou encore en Turquie. Selon le laboratoire Sinovac, les tests à grande échelle au Brésil ont montré un taux d'efficacité globale d'environ 50% (et 80% contre les formes plus graves), mais là encore, les données n'ont pas été publiées.

Bharat Biotech : ce vaccin indien à virus inactivé est utilisé en Inde, de même que le Covishield.

CanSino : ce vaccin chinois à vecteur viral a été approuvé par la Chine et autorisé au Mexique.

Ils arrivent

Novavax : ce vaccin américain fait l'objet d'un examen continu par l'EMA, ce qui ouvre la voie à une demande prochaine d'autorisation dans l'UE. Nom de code NVX-CoV2373, c'est un vaccin "sous-unitaire", à base de protéines qui déclenchent une réponse immunitaire, sans virus. Ses concepteurs affirment qu'il est efficace à 89,3%.

CureVac : ce vaccin allemand est lui aussi entré vendredi dans la procédure d'examen continu de l'EMA, il se trouve actuellement en phase 3 des essais cliniques. Il s'agit d'un vaccin à ARN messager. Le laboratoire allemand a annoncé en mars avoir signé un accord avec le géant pharmaceutique suisse Novartis pour la production de son vaccin, qu'il prévoit de commencer "au cours du deuxième trimestre 2021".

Les prochains

Au total, en comptant tous ceux qui sont déjà autorisés et en voie de l'être, 69 vaccins contre le Covid-19 font l'objet d'essais cliniques sur l'humain, selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé). En outre, 181 autres vaccins en sont au stade de développement pré-clinique et n'ont pas encore été testés sur des humains.