Il a une constipation “cachée.” “La majorité des enfants qui se présentent aux urgences avec des syndromes douloureux abdominaux ont un trouble du transit”, dit le Dr Jean-François Pujol, pédiatre. Même un enfant qui va régulièrement à la selle peut souffrir de constipation s’il ne parvient pas à vider entièrement son côlon. “Dans ce cas, on s’aperçoit très souvent que l’enfant ne mange pas assez de fruits crus et de légumes.”

La solution.” Il suffit de servir un légume cuit et un fruit cru midi et soir, avec un légume cru le midi ou le soir. On rappellera que la banane est le seul fruit constipant. “. Outre l’alimentation équilibrée, l’heure du coucher est-elle régulière ? L’enfant dort-il assez ? Exerce-t-il une activité physique suivie ?

Il a une infection intestinale. Bactéries, virus, parasites… il y en a des millions dans l’intestin qui constituent notre flore intestinale et sont bons pour l’organisme. Mais certains peuvent être sources de maux de ventre. Les symptômes varient selon l’enfant. “Chez certains, cela va être une diarrhée, chez d’autres des vomissements… En cas de sang dans les selles, le médecin réalisera des analyses pour dépister l’agent infectieux qu’on éradiquera avec des antibiotiques ou des antiparasitaires.”

La solution. La meilleure prévention reste une hygiène irrépro­chable des mains. Le lavage des dents n’est pas non plus à négliger. “Le sucre qui reste entre les dents attire des bactéries qui vont infester l’intestin.”

Il a une intolérance alimentaire. Votre enfant se plaint de ballon­nements, il a des flatulences, voire des diarrhées ? Il se peut qu’il soit intolérant à certains aliments, que son système digestif n’absorbe pas.

La solution. Il faut déceler si les douleurs interviennent après l’ingestion de certaines denrées, comme le pain, les pâtes. “L’intolé­rance au gluten, ou maladie cœliaque, peut occasionner des douleurs abdominales récurrentes, un retard de croissance, des pertes de poids, de la fatigue… On peut mettre des années avant de poser un diagnostic.”

Il réagit à une ambiance de repas stressante. Vous êtes souvent agacé par le peu d’enthousiasme de votre enfant à goûter de nouveaux plats ? Le repas est souvent l’occasion d’un bras de fer pour l’inciter à manger ? Les maux de ventre sont alors peut-être une réaction à cette tension. “Si l’enfant sait qu’il va subir une pression tout au long du repas, il risque d’avoir l’estomac noué avant même de passer à table.”

La solution. Sur ce point, les pédiatres sont unanimes : il ne faut surtout pas forcer un enfant à manger. “Il mangera de meilleur appétit au repas suivant.” De même, les conflits du couple, ou entre les frères et sœurs durant le repas sont à éviter.

Il vit des changements douloureux. Si aucune cause physique n’a pu être détectée avec une série d’examens, s’il n’y a aucun signe associé (fièvre, vomissements…), et que les douleurs cessent la nuit, elles sont certainement d’origine psychologique. “Certains enfants vont exprimer leur souffrance psychique par un cortège de symptômes physiques, dont la douleur, très souvent abdominale”, précise la Pr Sylvie Tordjman, pédopsychiatre.

La solution. Il s’agit alors, avec l’aide d’un médecin, de comprendre par quoi ces douleurs physiques sont déclenchées. Elles peuvent être consécutives à un deuil, un divorce… Si l’enfant a mal au ventre juste avant d’aller en classe, le harcèlement scolaire peut être une piste. Il ne faut pas non plus passer à côté de violences intrafamiliales. “Il ne faut pas banaliser cette souffrance physique et morale mais la reconnaître, car elle peut être très invalidante, par des absences répétées à l’école, des troubles des apprentissages…,” conclut Sylvie Tordjman.