Les chiffres sont mauvais en Belgique. S'il ne fait plus aucun doute que le virus circule davantage au sein de la population, les autorités espèrent toujours pouvoir juguler ce rebond épidémique sans avoir à refermer les secteurs qui avaient pu rouvrir leurs portes dernièrement. Allant à l'encontre des recommandations des experts, le Comité de concertation a ainsi décidé, ce vendredi 19 mars,  de légèrement resserrer la vis, en postposant le déconfinement du mois d'avril. Des mesures ont également été prises, ce dimanche 21 mars, pour renforcer la sécurité dans les écoles, devenues le lieu où sont rapportées le plus grand nombre de contaminations. Mais tout cela est-il suffisant ? Plusieurs experts ont émis des doutes ce week-end, dont le tonitruant virologue de la KULeuven Marc Van Ranst, qui a plaidé pour un lockdown très strict. Du côté du biostatisticien Geert Molenberghs (KULeuven/UHasselt), le ton est fort semblable, même si plus nuancé. "Nous savons que ça fonctionne", a-t-il estimé auprès de nos confrères de De Morgen.  

Le Portugal, un exemple à suivre ?  

Il a ainsi donné l' exemple du Portugal, qui comptabilisait pas moins de 16.000 contaminations par jour et 300 décès quotidiens à la fin du mois de janvier. "Le gouvernement a décidé de mettre en place un confinement strict", a continué le biostatisticien. "L'Horeca s'est arrêté, les frontières ont été fermées, les magasins non-essentiels ont également fermé leurs portes. Il y avait un devoir des citoyens de rester chez eux et de ne pas voir d'autres personnes. Les écoles ont fermé leurs portes peu de temps après." Désormais, le Portugal compte environ 90 contaminations par jour, affirme Geert Molenberghs au Morgen. Après vérification, on remarque toutefois que le pays dénombre actuellement 467 contaminations quotidiennes (en moyenne). La preuve donc, selon M. Molenberghs, qu'un lockdown constituerait bel et bien une manière efficace de faire baisser les courbes. 

Mais contrairement à Marc Van Ranst, le biostatisticien a salué les décisions du Comité de concertation de ce vendredi. Les autorités ont adressé, selon lui, un "message clair" à la population, lui faisant comprendre que la situation était mauvaise, au point de mettre entre parenthèses le déconfinement. "Normalement, cela aura déjà un effet, ne serait-ce que sur la motivation des Belges", a-t-il expliqué à Het Laatste Nieuws. "(...) Les gens se rendent compte une fois de plus qu'il est important de scrupuleusement suivre les règles en vigueur."  

Le Comité de concertation pourrait se réunir de façon anticipée   

Si malgré tout les chiffres devaient continuer à augmenter, Geert Molenberghs n'a affiché aucun doute quant au fait que le gouvernement réagirait rapidement. "Si nécessaire le Comité de concertation se réunira plus tôt que prévu, a-t-il affirmé. Les autorités ont déjà prouvé qu'elles étaient réactives." 

Quant aux raisons qui expliquent ce regain soudain de puissance de l'épidémie, l'expert a estimé qu'elles se trouvaient en grande partie dans notre comportement à la fin de la seconde vague. "Après cette deuxième vague, en novembre, un sentiment s'est installé, qui laissait penser que nous étions à 80%-90% du chemin. (...) De plus, à ce moment, les premiers vaccins ont été approuvés, ce qui nous a donné l'impressions que nous avions progressivement le contrôle sur le virus", a-t-il conclu.