Certaines pharmacies arborent depuis peu dans leurs rayons des tests rapides à réaliser à domicile. Ces tests, vendus pour une vingtaine d’euros, affichent la promesse d’être faciles à effectuer et de donner des résultats fiables en moins d’une demi-heure.

"C’est vraiment super facile à utiliser : le client le fait lui-même à la maison et le résultat est presque immédiat. Il ne faut pas avoir de compétences particulières pour pouvoir le faire. De plus en plus de clients nous demandent ces tests", explique un pharmacien du centre-ville de Bruxelles.

Ces tests peuvent en effet sembler séduisants, surtout à l’approche des fêtes, mais ils ne font pas l’unanimité ni parmi les experts ni parmi les pharmaciens. L’Association pharmaceutique se montre en effet très réticente vis-à-vis de ces kits.

"Les gens qui vendent ces tests ne nous rendent vraiment pas service. Normalement, les résultats doivent être encodés par un professionnel, il doit y avoir un suivi pour le tracing, etc. La position de l’APB a toujours été la même : nous avons proposé d’intégrer la stratégie nationale de lutte contre le coronavirus, de former les pharmaciens à effectuer des tests validés par l’État, d’encoder les résultats mais notre proposition n’a pas reçu de suite favorable. En dehors de ce cadre-là, on ne cautionne rien. On ne peut pas commencer à faire des tests à tout va, sans suivi et sans contrôle. D’ailleurs, je pense que la majorité des pharmacies ne vendent pas ces tests", affirme Alain Chaspierre, président de l’APB.

Celui-ci estime que les tests rapides en pharmacie risquent par ailleurs d’être interdits rapidement. "Il y a eu une ouverture légale pour ces tests mais ils doivent être faits dans une stratégie intégrée."

L’Union professionnelle belge des médecins spécialistes en biopathie médicale a également fait part de son opposition aux tests rapides et va jusqu’à les assimiler à une pratique illégale de la médecine. "Les intentions des pharmaciens d’officine peuvent être assimilées à de la pratique illégale de la médecine, en l’occurrence, de la spécialité de la biologie clinique.", a indiqué l’association.