Afin de faire descendre la pression sur les laboratoires, il a été décidé en début de semaine que les personnes asymptomatiques ne devaient à présent plus se faire tester, même si elles reviennent d'une zone rouge. Au lieu de ça, elles devront se mettre en quarantaine durant 10 jours (contre 7 jours pour les personnes symptomatiques).

“Toute la stratégie que nous avons voulu mettre en place depuis le début de la crise a été jetée par la fenêtre en une soirée sans grande explication", a réagi l’infectiologue Steven Callens (UZ Gent) à Het Laatste Nieuws, dans des propos retranscrits par 7sur7. “Sur le nombre total de tests, nous voyons beaucoup de tests positifs asymptomatiques. Si nous ne faisons plus cela, ces personnes ne sauront pas si elles sont infectées. De leur côté, leurs contacts ne le savent pas non plus. Je n’ai pas besoin de vous faire un dessin”.

"On teste beaucoup, mais comme il y a énormément de malades, il y a un moment où les labos ne suivent plus, les êtres humains qui sont derrière non plus", réagissait pour sa part Christie Morraele, la ministre wallonne de la Santé, juste après l'annonce de la décision. "Il faut qu'on prenne le temps, quinze jours-trois semaines de faire descendre la pression, de s'assurer que le service suive". La nouvelle stratégie de dépistage sera donc en place jusqu'au 15 novembre, au moins.

A l'heure actuelle, seules les personnes avec symptômes seront testées, ainsi que les membres du personnel soignant, les personnes de plus de 65 ans et les collectivités où il y a au moins deux cas positifs. "Nous devons utiliser la capacité de test là où nous en avons besoin", soulignait le biostatisticien Geert Molenberghs.

Quel impact cette nouvelle stratégie aura-t-elle sur les chiffres quotidiens? 

"Si des patients plus symptomatiques sont testés, ils seront également plus susceptibles d’être effectivement infectés par le Covid-19. Il y a donc une réelle chance que le taux de positivité augmente. C’est aussi 'une bonne chose' d’une certaine manière”, poursuit Geert Molenberghs qui explique aussi que la courbe sera également légèrement aplatie étant donné que moins de personnes seront testées. "Ce chiffre peut donner un faux espoir pendant un certain temps”, confirme-t-il. “Mais il existe de nombreux autres indicateurs pour évaluer la gravité de la situation. Un taux de positivité croissant est un premier signal d’alarme. Mais il y a aussi le nombre d’admissions à l’hôpital, le nombre d’unités de soins intensifs et le nombre de décès. Le taux d’occupation aux soins intensifs, en particulier, est un indicateur très fiable”.

Et, on le sait, si ces chiffres ne baissent pas, on se dirige tout droit vers un deuxième confinement, total ou partiel.