Plusieurs essais sont lancés : le monde entier dans l’attente d’un traitement

On le sait : il faudra plusieurs mois avant qu’un vaccin ne soit mis au point et disponible. Dans l’attente de ce petit miracle, c’est vers les solutions thérapeutiques que se tournent tous les espoirs.

En premier lieu vers cet essai clinique qui vient d’être lancé pour quatre traitements expérimentaux.

L’essai Discovery, lancé dimanche dernier, doit inclure 3.200 patients européens en France, en Belgique (Saint Pierre), aux Pays-Bas, au Luxembourg, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Espagne – et peut être d’autres pays. Concrètement, les patients qui participent à cet essai recevront aléatoirement un des quatre traitements thérapeutiques.

Le remdesivir

C’est un antiviral conçu initialement pour le virus Ebola mais avec un spectre d’action plus large. L’espoir ? Les premiers résultats in vitro ont été très bons”, commente le virologue.

Le lopinavir en combinaison avec le ritonavir

A la base, ce médicament servait à lutter contre le VIH en bloquant la réplication du virus. Cette combinaison a déjà été testée en Chine, mais avec des résultats mitigés, notamment parce que beaucoup de malades ont été inclus très tardivement, parfois au-delà du 10e jour de la maladie

Le lopinavir/ritonavir, associée à l’interféron bêta

Cette association est jugée intéressante étant donné que la maladie Covid-19 comprend deux phases : une phase virologique, “pour laquelle on pense que les anti-viraux peuvent avoir un effet important”, et une phase avec “un syndrome inflammatoire pouvant entraîner des dégradations au niveau pulmonaire, et on espère que l’interféron pourra bloquer ce processus inflammatoire”, selon les virologues..

L’hydroxychloroquine :

Ce quatrième traitement, cousin de la chloroquine, un anti-paludéen qui suscite bien des débats, n’était pas prévu au départ. Il a été rajouté à la demande de l’OMS et de l’Etat français. C’est la solution prônée par le Pr Raoult, chercheur controversé au look atypique qui ne comprend pas pourquoi on ne l’adopte pas dès maintenant.

Quels délais ?

Les premiers traitements de cet essai ont été administrés dimanche dernier en France. La première évaluation clinique se passera au 15ème jour du traitement. On devrait donc obtenir de premières conclusions dans les semaines qui viennent. Dès qu’un essai “aura montré la supériorité d’un des quatre schémas thérapeutiques, on pourra proposer aux régulateurs, en France et dans le monde, de l’utiliser”, disent les experts. Le traitement pourra alors être libéré “très rapidement”, étant donné que “nous sommes dans une situation de carence thérapeutique”, soulignent-ils, appelant toutefois à la “prudence” car “on ne connaît pas encore leurs effets”.

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