Le coronavirus ne sélectionne pas ses victimes. Il s’attaque à toutes celles et ceux qu’il peut infecter. Semant sur son passage la mort même si, heureusement, certains en réchappent. Parfois de manière miraculeuse.

Le témoignage du docteur Guy Lefèvre, médecin de famille implanté depuis des décennies à Braine-l’Alleud mais aussi responsable coordination médicale de trois homes, est à ce titre particulièrement glaçant. Le lundi 16 mars dernier, la vie de celui qui, durant toute sa carrière, n’a eu que de cesse de soigner les autres, a failli basculer.

“En tant que médecin, nous sommes inévitablement en première ligne, raconte-t-il depuis son domicile qu’il a pu réintégrer lundi. Nous sommes depuis deux mois en période de grippe saisonnière, je prenais donc des antioxydants et des macrobiotiques. Ce jour-là, j’ai suspecté un patient d’être atteint du coronavirus. Durant l’après-midi, lors d’une réunion, j’ai commencé à me sentir mal et à avoir des poussées de fièvre jusqu’à 40-41 degrés. A 20 heures, je rejoins l’hôpital Chirec de Braine-l’Alleud. Je suis pris en charge. Trois heures plus tard, le professeur qui s’occupe de mon cas appelle mon épouse pour lui dire que mes paramètres sont très mauvais... “

En un mot, qu’il reste d’y passer durant la nuit. Trois jours aux soins intensifs et trois autres à un étage dédié aux malades du Covid-19. Avec un remède de cheval qui lui a permis de s’en sortir.

"Notre pays est à la hauteur du combat"

“J’ai été à deux doigts d’y passer. En tant que médecin, je connais les molécules. Le personnel médical, croyez-moi, abat un travail formidable. Pour mon cas personnel, ils ont frappé fort pour combattre le virus (chloroquine, plaquenil, Tamiflu,…). Franchement, la Belgique peut féliciter la qualité de ses soins de santé. Notre pays gère plutôt bien la vague et est à la hauteur du combat “

De retour à son domicile, le toubib de 63 ans est confiné jusqu’au 31 mars.

“J’ai décidé de rester avec mon épouse, qui n’est pas positive, mais j’ai extrait mes trois grands enfants (dont deux aux études universitaires) pour les loger ailleurs. En tant que médecin, je n’ai qu’une seule envie : reprendre mon travail, soigner les gens. C’est ma mission.“

Comme c’est aussi celle de tenter de combattre cette crasse.

“Pour l’heure, sans une campagne massive de test de la population, nous restons trop dans le flou. D’autant que la traditionnelle grippe saisonnière a été décalée de décembre à fin janvier et il est particulièrement compliqué de faire la différence entre le Covid-19 et une grippe agressive. Du moins sans tester le patient.”

Même confiné et en quarantaine, Guy s’est empressé de téléphoner à certains patients. Pour des soins à prodiguer. On ne se refait pas...