Alors que la campagne de vaccination contre le coronavirus bat son plein dans le monde, les fabricants de vaccin anti-Covid cherche d'autres solutions pour lutter contre la propagation du virus. Chez Pfizer, les scientifiques travaillent notamment sur un traitement antiviral sous forme de pilule. Ils sont les premiers à se lancer dans ce type de remède contre le Covid, et viennent de débuter les essais dans deux de leurs usines, une aux États-Unis et une chez nous en Belgique, rapporte le Telegraph.

La pilule développée et testée par Pfizer est un "antiviral sur mesure". La molécule qui la constitue, dont le nom de code est PF 07321332, devrait pouvoir attaquer "la colonne vertébrale" du SRAS-Cov-2 et ainsi l'empêcher de se développer dans notre nez, notre gorge ou nos poumons. "Nous avons conçu le PF-07321332 comme une thérapie orale potentielle qui pourrait être prescrite dès les premiers signes d'infection, sans que les patients soient hospitalisés ou en soins intensifs", avait déclaré, en mars dernier, le directeur scientifique et président de la recherche au niveau mondial chez Pfizer, Mikael Dolsten. Si l'usine a décidé de miser sur ce type de molécule, c'est notamment car elle fait partie de la catégorie des "inhibiteurs de protéase", antiviraux qui ont permis notamment d'enrayer la propagation du VIH.

Premiers essais sur des bénévoles sains

Depuis quelques jours, 60 volontaires -en bonne santé-, âgés de 18 à 60 ans, testent donc cette fameuse pilule anti-Covid. L'essai dure 145 jours, et se déroule en trois phases:

- une première permet d'observer comment l'antiviral est toléré lorsqu'on augmente la dose administrée et s'il y a des effets secondaires

- la deuxième phase sera presque pareille, mais avec des doses multiples

- la troisième phase est consacrée au test de "formes comprimées et liquides" du médicament

Ces trois parties seront suivies d'une période de 28 jours, consacrée au dépistage. Dans des documents distribués aux bénévoles et consultés par le Telegraph, Pfizer explique qu'à ce jour "le médicament à l'étude n'a pas été administré à des humains" mais que "la sécurité du médicament à l'étude a été étudiée chez l'animal". "Dans ces études animales, aucun risque significatif ou événement de sécurité préoccupant n'a été identifié, et le médicament à l'étude n'a pas provoqué d'effets secondaires à aucun des niveaux de dose qui seront utilisés dans les études cliniques", précisé également la firme.

Après ces premiers essais de plusieurs mois, d'autres tests "formels" devront encore suivre, pour tester la pilule anti-Covid sur des personnes contaminées par le virus. Et le PF-07321332 ne sera sans doute pas disponible avant de longs mois, même si l'importance de la lutte contre le coronavirus permet d'accélérer un peu les choses. Jusqu'à maintenant, Pfizer est resté plutôt discret sur les détails des premiers tests de laboratoire effectués, mais a tout de même déclaré que le PF-07321332 montrait une "puissante activité antivirale in vitro contre le SRAS-CoV-2" et démontre aussi une activité contre d'autres coronavirus.