Le calendrier de vaccination s'est affiné en Belgique, et certains groupes prioritaires ont été désignés. Mais la question des personnes qui ont déjà été infectées par le Covid-19 n'a jamais encore été mise sur la table.

Le British Medical Journal a fait part de deux études, encore en attente de validation par le corps médical et les revues scientifiques, qui suggèrent qu'une seule dose de vaccin pourrait suffire pour protéger les personnes ayant déjà contracté le coronavirus.

La première, menée par une équipe de l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai de New York, est basée sur les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna reçus par un panel de 109 personnes, dont 41 déjà testées positives. Elle indique que la réponse en anticorps deux semaines après une seule injection, par les personnes ayant déjà eu le Covid-19, est égale ou supérieure (parfois jusqu'à 10 fois) à la réponse constatée après deux doses chez les personnes n'ayant jamais été infectées.

Par contre, les patients qui ont déjà été positifs au virus sont plus fréquemment sujets aux effets secondaires tels que les maux de tête, la fatigue, la fièvre, les douleurs musculaires et les frissons, après la première dose comparativement aux personnes n'ayant jamais eu le virus et ayant reçu deux doses.

La seconde étude, quant à elle, a été menée par une équipe de l'Université du Maryland sur 59 membres du personnel de santé qui ont reçu une dose de vaccin Pfizer/BioNTech ou Moderna. Là encore, les soignants qui avaient déjà eu le Covid-19 ont eu des taux d'anticorps plus élevés que ceux qui n'avaient jamais été positifs.

Une stratégie viable ?

Une seule dose de vaccin pour les personnes qui ont déjà été infectées par le coronavirus, est-ce que cela pourrait devenir une recommandation officielle ? Pour Lawrence Young, virologue et professeur d'oncologie moléculaire à l'Université de Warwick (Angleterre), "si les résultats de ces travaux peuvent se confirmer, cela pourrait devenir une option viable", a-t-elle déclaré au British Medical Journal.

Un avis partagé par un confère français, le Pr Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris).


Eleanor Riley, professeur d'immunologie et de maladies infectieuses à l'Université d’Édimbourg a fait part de ses réserves au journal britannique: "L'incorporer (Ndlr, une seule injection pour les personne ayant déjà fait le Covid-19) dans un programme de vaccination de masse peut être complexe sur le plan logistique. Il peut être plus sûr, dans l'ensemble, de s'assurer que tout le monde reçoit deux doses."