Une belle avancée médicale et une première mondiale. Des chercheurs de l'université de Louvain ont développé un nouvel antiviral actif contre le virus de la dengue, une maladie tropicale transmise par le moustique. C'est l'aboutissement d'un travail de recherche de 12 ans, issu d'une collaboration entre les chercheurs de l’Institut Rega et le CD3 (le Centre for Drug Design and Discovery), dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature.

Cet antiviral a été conçu sous forme de médicament par voie orale, efficace contre toutes les variantes connues du virus. S'il n’empêche pas au virus d'entrer dans les cellules humaines, il agit sur la reproduction du virus. Les tests effectués sur des souris se sont révélés concluants : le nombre de particules virales dans le sang chutait dans les 24 heures après le début du traitement. Janssen pharmaceutica s'est associé à la KULeuven pour désormais faire des essais cliniques sur l'homme. La société devrait présenter des résultats à la mi-novembre.

La dengue sévit dans les régions tropicales, particulièrement en Asie et en Amérique latine, et provoque des symptômes puissants, pouvant être mortels : fortes fièvres, maux de tête, nausée et vomissement, éruption cutanée... D'après l'OMS, on compterait 390 millions de cas de dengue par an dans le monde. Des milliers de personnes en meurent chaque année. Il n'existe actuellement aucun médicament antiviral pour prévenir ou traiter la dengue.

Les tests sur des souris ont également montré que le médicament pouvait être utilisé de manière préventive. Les personnes vivant dans des zones où une épidémie de dengue est en cours pourraient utiliser l'antiviral pour se protéger. "Les voyageurs ou le personnel des ONG se rendant dans des zones à haut risque pourraient également prendre le médicament à titre préventif. En principe, nous pourrions développer des comprimés qu'il faudrait prendre une fois par jour, comme c'est déjà le cas pour le paludisme", explique le professeur Neyts, qui a co-dirigé l'étude.