Le Comité consultatif de Bioéthique de Belgique (CCB), soit l’instance chargée de donner des avis en matière de biologie/santé sous l’angle éthique et social, s’est réuni afin de déterminer les enjeux éthiques liés à la mise à disposition d’une vaccination chez les enfants de 5 à 11 ans.

Le Comité estime qu'il faut "nuancer fortement l’assertion selon laquelle la pandémie n’affecterait que très peu, et très rarement, les enfants". Selon des experts, une grande souffrance s’exprime dans les cabinets de pédiatres et dans les consultations de pédopsychiatres.

Les membres ont donc tenté de savoir si une vaccination pédiatrique contre la Covid-19, associée à d’autres mesures, permettrait d’alléger le fardeau des enfants pour la période actuelle et dans le futur.

Il en ressort que le Comité recommande, et sans attendre, la vaccination Covid-19 chez les enfants présentant une ou des comorbidités. Il rappelle que les enfants présentant une ou des comorbidités "révèlent un surrisque important d’hospitalisation s’ils contractent le SARS-CoV-2".

L'organe s'appuie sur les analyses de l'EMA (Agence européenne des médicaments) et de son équivalent américain, la FDA, qui concluent que le vaccin pédiatrique Pfizer présente des résultats très satisfaisant en termes "de sécurité et d'efficacité", sous réserve des effets n’ayant pas pu être observés sur des cohortes limitées.

En ce qui concerne les enfants sans comorbidité, l’avis du Comité consultatif Bioéthique n'est pas aussi catégorique. Il signale que le vaccin pourrait être un moyen de restaurer les "conditions dont les enfants ont besoin pour se développer harmonieusement".

Le Comité précise qu'il n’existe pas à ce stade "de données indiquant une efficacité de la vaccination pour prévenir la transmission du virus, et ajoute également que rien ne peut affirmer que cette potentielle efficacité le sera également contre le variant Omicron, connu pour échapper à l’immunité établie par infection ou vaccination. Il demande instamment aux autorités de mettre tout en œuvre pour clarifier ce point.

Dans un contexte hautement incertain comme celui de la pandémie actuelle, "il n’est pas irrationnel de parier sur l’efficacité du vaccin contre la transmission, pour autant qu’on donne une information loyale et transparente à la population". Dès lors, le Comité considère donc comme "acceptable" de mettre à disposition des familles un "vaccin sécurisé", à condition qu’elles soient "informées de façon transparente de l’état des connaissances à ce sujet et qu’elles puissent se décider en toute autonomie".

Selon lui, il est important et essentiel qu'"aucune différence ne soit faite entre les enfants vaccinés et les enfants non vaccinés". Dès lors "pas de CST, pas de différence d’accès aux voyages scolaires, pas de différence pour le testing et la quarantaine..." à partir du moment où "la Covid-19 n’est pas une maladie infantile, pouvant affecter gravement d’autres enfants."

Enfin, l'organe explique qu'il se penchera ensuite sur plusieurs autres points importants, à savoir, si les autorités doivent-elles encourager la vaccination des plus jeunes. Le Comité bioéthique veut s'assurer, sur la base des données et de la situation épidémiologique, "que l’on n’instrumentalise pas les enfants alors que les adultes ne sont pas encore tous vaccinés".