Santé

Pour la plupart d’entre nous, avoir un cœur en bonne santé est une évidence. C’est pourtant un luxe pour les personnes qui souffrent de maladies cardiaques. Des essais cliniques financés par l’Union européenne ont permis de mettre au point une valve cardiaque humaine plus durable qui a déjà amélioré la vie de nombreux patients, personnes âgées, jeunes adultes et enfants.

Âgé de 54 ans, Pieter Kappellhop est né avec un problème cardiaque. Monter les escaliers, comme fournir un quelconque effort minimal s’avérait pour lui épuisant . « Sans greffe de valve cardiaque, je risquais une rupture d’anévrisme. J’ai reçu la nouvelle valve le 19 octobre 2017. Pour la première fois, mon cœur bat normalement. L’opération m’a ouvert de nouveaux horizons. Je peux maintenant courir, faire du vélo et jouer au football avec mes deux garçons ». Grâce à des technologiques innovantes, Pieter Kappelhop peut désormais mener une vie saine et active. Chaque année, près de 36 000 enfants naissent avec une maladie cardiovasculaire (MCV) congénitale. 65 000 est le nombre de remplacements de valves cardiaques effectués annuellement en Europe pour traiter une valvulopathie aortique acquise ou congénitale. Le Dr Ramadan Jashari, chirurgien cardiaque et directeur médical de la Banque européenne d’homogreffes, nous explique l’importance, pour les malades, des études cliniques ESPOIR et ARISE financés par l’UE.

Pourquoi cette nouvelle technique est-elle plus efficace ?

Dr R. J : « Il y a quelques années encore, la pose d’une nouvelle valve cardiaque aurait nécessité plusieurs interventions ou la prise de médicaments à vie pour fluidifier le sang du patient, ce qui peut s’avérer dangereux pour les enfants ou les femmes enceintes. L’objectif des études cliniques ESPOIR et ARISE est de proposer au patient des valves cardiaques décellularisées prélevées sur des donneurs qui n’obligent pas le receveur à prendre des anticoagulants (comme c’est le cas pour les valves mécaniques), qui ne sont pas rejetées par son système immunitaire, qui durent toute sa vie et, surtout s’il s’agit d’un enfant, qui peuvent grandir avec lui ».

Le procédé est relativement nouveau, peut-on déjà affirmer que c’est un succès ?

Dr R. J : « Cette technique n’en est qu’à ses débuts, mais les résultats des tests initiaux sont très encourageants. Actuellement, 260 patients ont déjà reçu une greffe et un suivi sera réalisé sur dix ans. Mais, selon le rapport final du projet remis en juin 2017, les premières analyses statistiques donnent des résultats très prometteurs. Le taux de mortalité chez les patients traités avec des valves pulmonaires décellularisées est très faible (1,7 %) et aucun décès n’est attribuable aux valves ».

L’intervention chirurgicale est-elle accessible à tous ?

Dr R. J : « Seuls les médecins travaillant dans les centres participant aux essais ont pu proposer cette intervention à leurs patients présentant des malformations cardiaques congénitales, enfants et adultes, en leur donnant le choix entre cette technique et les options traditionnelles. Le traitement est actuellement testé dans des cliniques de six pays de l’UE (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni) dans le cadre des études ESPOIR et ARISE et sera disponible dans d’autres pays à l’avenir ».

Grâce aux projets européens, ESPOIR (étude clinique européenne pour l’application des valves cardiaques régénératives) et ARISE (remplacement de la valve aortique par des allogreffes régénératives individualisées), l’avenir s’annonce donc plus prometteur pour les patients atteints de MCV.

En Belgique, il existe de nombreux chirurgiens spécialisés dans les valves cardiaques dans différents hôpitaux à Louvain, Gand, Bruxelles... À la KUL ils ont déjà utilisé des valves cardiaques régénératives (dans le cadre des projets européennes ESPOIR et ARISE).

Pour en savoir plus :

Comment l’Union européenne protège ses citoyens face aux défis mondiaux

Photo : Ramadan Jashari, chirurgien cardiaque et directeur médical de la Banque européenne d’homogreffes. Ramadan Jashari est est l’un des héros de la campagne « UE, ensemble on protège mieux ».