Le patron de Pfizer a annoncé ce jeudi qu'une troisième dose du vaccin sera "probablement nécessaire" d'ici six mois à un an. Si la déclaration a fait du bruit, ce n'est pourtant pas étonnant.

"ça n'a rien de surprenant, c'est ce que l'on fait avec le vaccin anti-grippe", a rappelé Michel Goldman, professeur en immunologie sur le plateau du JT de la RTBF ce vendredi, critiquant tout de même au passage la sortie du PDG de la firme pharmaceutique. "Je pense que ce n'est pas au chef d'entreprise de fixer les calendriers ou la stratégie de vaccination. Il y a des agences scientifiques et des autorités réglementaires qui sont là pour ça".

Toutefois, la question d'une troisième dose n'est pas la priorité pour l'immunologue : "Aujourd'hui, on doit se demander comment optimiser le mieux possible les doses de vaccins déjà disponibles", a-t-il assuré. Face à la propagation des variants, le scientifique plaide pour une "accélération de la couverture vaccinale". "Les vaccins déjà disponibles, dont on est sûrs, sont efficaces contre les variants, essayons de les utiliser de la meilleure manière possible", assène-t-il alors que la distribution du Johnson & Johnson est suspendue, et l'administration de l'AstraZeneca limitée, après l'apparition de rares caillots sanguins.

Pour cela, Michel Goldman estime qu'il faudrait que les personnes qui ont déjà fait le Covid-19 ne reçoivent qu'une seule dose du Pfizer pour l'instant. Ainsi, "on pourrait utiliser les doses économisées pour accélérer la vaccination".