Le Viagra féminin, une pilule rose pour booster la libido des femmes

Le Viagra féminin fait pour la première fois son entrée sur le marché aux États-Unis.

Saoul Lisa
Le Viagra féminin, une pilule rose pour booster la libido des femmes
©reporters

Le Viagra féminin fait pour la première fois son entrée sur le marché aux États-Unis.

La nouvelle a fait le tour du monde à une vitesse fulgurante. C’est officiel, le Viagra féminin fait son entrée sur le marché. L’agence américaine du médicament a donné son feu vert à la commercialisation de la Flibansérine. Est-ce que tous les couples qui avaient renoncé aux joies du sexe à cause du manque de désir de madame vont prochainement monter au 7e ciel ? Le médicament ouvre de nouvelles perspectives mais comporte tout de même quelques inconvénients. Voici tout ce qu’il faut savoir sur la nouvelle pilule rose.

1. Un traitement au quotidien

Vous pensiez qu’une pilule suffirait à pimenter une nuit d’amour ? C’est loupé. La molécule, commercialisée sous le nom d’Addyi, doit se prendre quotidiennement pour être efficace. Aux États-Unis, le traitement sera vendu uniquement sur ordonnance. Concrètement, le médicament agit directement sur le cerveau et non sur le flux sanguin. Il agit plus précisément sur les neurones du système nerveux central, récepteurs à la sérotonine, un messager chimique impliqué entre autres dans les circuits du plaisir et de l’humeur.

2. Une efficacité relative

La pilule n’est pas miraculeuse. La décision de l’agence du médicament américaine s’appuie sur les résultats de trois essais cliniques menés aux États-Unis et au Canada auprès de femmes souffrant d’un manque de libido. Résultat : environ 10 % des participantes ont fait part d’une amélioration significative de leur satisfaction dans leurs relations sexuelles, en termes de désir et aussi de diminution de l’angoisse avec Addyi.

3. Il faudra être patient pour la Belgique

Pour l’instant, Sprout pharmaceutical, le laboratoire qui commercialise le médicament, n’a pas fait de demande d’autorisation de mise sur le marché au niveau européen ou au niveau de la Belgique, indique l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). En revanche, il y a de grandes chances que la firme introduise une demande prochainement. Pourquoi se bornerait-elle à commercialiser un tel médicament uniquement aux États-Unis alors que le problème du manque de désir féminin touche également les femmes européennes ?

4. Un prix exorbitant

Selon le magazine américain Forbes, le médicament Addyi, qui doit être pris quotidiennement, a un coût annuel approchant les 5.000 $ par patiente. Soit autour de 470 € par mois. Un montant qui n’est pas à la portée de toutes les bourses. Et il y a peu de chance que la sécurité sociale prenne en charge de tels coûts pour un médicament dont l’efficacité reste peu élevée.

5. De nombreux effets secondaires indésirables

Chute de la tension artérielle, nausées, somnolence et même des syncopes. La liste d’effets secondaires indésirables est inquiétante. Ces risques sont accrus et les symptômes plus sévères quand les patientes boivent de l’alcool ou prennent certains autres médicaments. Boire ou jouir, il faudra choisir !

Une possible drogue du viol ?

La flibansérine, en ravivant un désir éteint, pourrait-elle être une drogue du viol ? Le Soir se pose à juste titre la question. Les abus de ce genre devraient être évités, indique le quotidien. Et pour cause, le médicament a une efficacité relative et il doit être pris dans la durée pour qu’il fasse effet. Les personnes malintentionnées qui voudraient désinhiber un partenaire non consentant se tourneront davantage vers des substances moins coûteuses et nécessitant une prise unique telles que le poppers ou l’ecstasy.

"C’est un sujet moins tabou qu’auparavant"

Au cours de ses consultations, Alexandra Hubin, docteur en psychologie et sexologue, rencontre régulièrement des couples qui souffrent du manque de libido de l’un ou l’autre partenaire. Pour La DH, elle lève le voile sur ce problème qui touche aussi les femmes.

Le manque de désir chez la femme est-il un problème commun ?

"C’est l’un des dysfonctionnements sexuels les plus présents chez les femmes. Il y en a beaucoup qui font part de ce type de problème lors de consultation. Elles sont davantage à en parler aujourd’hui. C’est un sujet qui est moins tabou qu’auparavant."

Comment expliquer ce manque de désir ?

"Il y a plusieurs facteurs qui entrent en ligne de compte. D’abord, sur le volet personnel, certaines femmes font face à diverses pressions d’ordre relationnel ou professionnel. Elles ont beaucoup de pensées autres que le plaisir d’être connecté à quelqu’un, ce qui peut amener à une baisse de désir. Il y a aussi l’aspect conjugal : la plupart des femmes vont dire que s’il y a des tensions au sein du couple, elles n’ont pas envie de se rapprocher de leur partenaire. Enfin, dans la vie d’une femme, il y a des périodes où le désir est plus fragile. Après avoir eu un enfant, le redémarrage est parfois complexe. Autour de la ménopause, les effets secondaires tels que les bouffées de chaleur ou la perturbation du sommeil peut handicaper la naissance du désir. Enfin, la prise de certains médicaments ou certaines maladies peuvent aussi être à l’origine d’une baisse du désir sexuel."

Est-ce que cette pilule pourrait être à l’origine d’une révolution dans la vie sexuelle des femmes ?

"Ce traitement est un coup de pouce qui peut aider le patient à franchir une difficulté. Mais ce ne sont pas des pilules magiques, il ne faut pas se leurrer. L’efficacité en est limitée. De plus, il faut avoir conscience que les médicaments ne font pas tout. L’état d’esprit, les émotions ne sont pas purement physiologiques. Pour éveiller le désir sexuel, il faut mettre d’autres choses en place, comme prendre le temps de se retrouver avec son partenaire, mettre de côté certaines pensées négatives, etc."


Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be