Il existe des personnes qui n’éprouvent aucune attirance sexuelle pour qui que ce soit. Sur le spectre des orientations sexuelles, elles s’identifient comme asexuelles.

Il y a les hétérosexuels, les homosexuels, les bisexuels et tous les autres. Mais sur le spectre de nos attirances sexuelles, il y a aussi les asexuels. Ceux qui n’en éprouvent aucune, justement, d’attirance sexuelle. Ceux qui sont vus comme frigides, perdus ou en transition et qui ont souvent du mal à se faire accepter par leurs pairs. Pourtant, depuis la fin des années 1970, l’asexualité est reconnue comme orientation sexuelle dans de plus en plus de travaux portant sur le sujet. En général, on estime à 1 % la partie de la population qui se reconnaît comme tel.

L’absence de désir

Être asexuel, ce n’est pas spécialement être dégoûté du sexe, ne pas vouloir être en couple ou se forcer à ne pas connaître de relation intime. Loin de là. Mais vu qu’il existe autant d’asexualités que de sexualités, chacun pourrait y aller de sa définition. Au départ, c’est principalement une absence d’attirance sexuelle ou de désir pour l’autre. Même envers son ou sa partenaire. Pour Ava, l’association pour la visibilité asexuelle, "les personnes asexuelles ne ressentent pas le besoin de s’engager dans des relations sexuelles." Autrement dit, elles ne seront pas l’impulsion des parties de jambes en l’air mais ce n’est pas pour cela qu’elles n’éprouveront aucun désir une fois qu’elles seront dans l’action.

Sophie, qui s’est confiée sur le blog Brussely, tente de vulgariser sa situation. "Il y a un genre de film qui ne m’intéresse absolument pas, ce sont les comédies romantiques. […] Mais si de bons amis me proposent de voir un tel film avec eux, j’accepterai probablement […]. Et la plupart du temps, je passerai même un bon moment devant ce film. Mais ce n’est pas parce que j’ai apprécié ce moment, que j’aurai envie de revoir un film de comédie romantique par moi-même. Pour le sexe, c’est pareil : ça ne m’intéresse pas. Mais parce que j’apprécie une personne et que pour elle c’est important, je n’ai aucun problème à avoir des relations sexuelles avec elle. Et durant ces rapports, je peux avoir du plaisir et même des orgasmes. Mais ce n’est pas pour ça que je serai demanderesse de telles activités par la suite."

La difficulté du couple

On l’aura compris, l’asexualité n’a donc rien à voir avec la chasteté qui est un choix ou le célibat. Car, même si cela est parfois mal vécu ou mal compris, l’asexualité peut très bien se vivre en couple. La seule contrainte est d’accepter cette absence de désir de la part de son partenaire et de ne pas le prendre personnellement lorsque celui-ci se refuse à nous. Les couples s’adaptent, évoluent, s’apprivoisent et finalement, des relations sexuelles peuvent très bien avoir lieu durant lesquelles les deux personnes prennent une bonne dose de plaisir. Loin d’être un amour platonique, les personnes asexuelles sont quand même sensibles aux caresses, à la sensualité ou au contact de l’autre. Au final, il s’agit simplement de prendre du plaisir autrement.