Dans notre société, tout va de plus en plus en vite. Le sexe, n’est pas épargné. Le Slow Sex nous invite à ralentir et à déconstruire nos idées sur la sexualité.

Aller au travail, faire les courses, conduire Julie au karaté, appeler belle-maman, aider Maxime à faire ses devoirs, préparer le repas et… ouf, enfin le temps de souffler. Notre mental est constamment occupé, il organise, planifie, anticipe. À contre-courant, le mouvement Slow nous invite à ralentir, à nous concentrer et nous connecter à l’instant présent. Le message gagne petit à petit du terrain et s’étend à des domaines variés de notre existence : Slow Food, Slow Cities, etc. Le Slow Sex s’inscrit dans cette mouvance. Prendre le temps, s’écouter et redéfinir son désir. Ce sont les grands principes de cette vision de la sexualité.

L’orgasme à tout prix

Nous avons tendance à faire l’amour avec un objectif : provoquer un orgasme. Alors on tourne toute son énergie vers cet objectif, en oubliant parfois de se connecter à son corps. Pendant les rapports sexuels, nous restons beaucoup dans le mental. Pas parce que nous faisons notre liste de courses en même temps mais parce que nous analysons sans cesse ce qui se passe : "Si je me tiens comme ceci, vais-je avoir un orgasme ?", "Est-ce ça l’excite si je le/la caresse ici ?"… Le Slow Sex nous propose de faire l’amour autrement.

Pauline, 24 ans a expérimenté le Slow Sex avec son petit ami. Ils le pratiquent maintenant depuis plusieurs années. L’expérience a été un vecteur de changement pour leur couple, mais aussi - et peut-être avant tout - pour elle-même. Le Slow Sex est arrivé dans la vie de Pauline à un moment où elle se demandait comment se réapproprier son plaisir. Elle témoigne : "J’ai découvert le sexe avec mon premier petit ami. Avant cela je ne m’étais jamais masturbée. Encore aujourd’hui j’ai du mal à me masturber toute seule. C’est comme si l’autre, l’homme, était responsable de mon plaisir. Je pense que ce blocage vient de ce que la société envoie comme image de la sexualité. Le Slow Sex m’a aidé à prendre conscience de cela et à repartir à zéro pour me créer ma propre sexualité."

Une vision caricaturale de la sexualité

La sexualité est aujourd’hui omniprésente. Dans les films, les publicités, les séries, les blagues grivoises, et bien sûr, sur internet, où la pornographie est accessible à tous. D’ailleurs lorsque l’on tape "Slow Sex" dans un moteur de recherche, on tombe d’abord sur des sites pornos. Selon une étude de l’Université Libre de Liège, le premier contact avec la pornographie se fait à 12 ans chez les garçons et 13 ans chez les filles. Pourtant, on n’enseigne pas aux jeunes le fait de s’engager dans une relation intime et sexuelle. Il existe bien des cours d’éducation sexuelle mais ceux-ci se limitent pour la plupart à une approche purement biologique de la reproduction. Sans autre modèle, le porno et les films deviennent la référence. Finalement, on se retrouve avec une sexualité qui ne nous appartient pas vraiment. Anne et Jean-François Descombes nous proposent de remédier à cela dans leur livre Le Slow Sex : s’aimer en pleine conscience. Tentant, non ?