Ejaculation précoce: "évitez les mauvaises habitudes de masturbation"

L.Dp et J. Leg Publié le - Mis à jour le

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Sexualité

Une enquête récente menée par IPSOS (1) montre que 35 % des Belges – tous âges confondus – déclarent souffrir d'éjaculation précoce dont les causes peuvent être biologiques mais aussi psychologiques. L'éjaculation précoce se situe en tête des troubles sexuels masculins devant les problèmes du désir (25%), les troubles de l'érection (23%) ou l'absence d'éjaculation (12%).

Face à l'ampleur du problème sur leur bien-être et celui de leur couple, près de six hommes sur dix souhaiteraient "guérir". Mais, il demeure un paradoxe mis en lumière par l'enquête : un quart des hommes seulement s'informent sur les solutions et seuls 10% des hommes seraient prêts à consulter un spécialiste pour résoudre ce problème.

"C'est assez frappant", relève Nathalie Mayor, sexologue clinicienne avec qui nous avons fait le point lors d'un chat spécial.

"Les hommes recherchent les solutions faciles, ils attendent la petite pilule miracle. Il existe une aide médicamenteuse comme les anti-dépresseurs qui retardent l’éjaculation. Mais il y a évidemment d'autres effets secondaires à la prise de médicaments. Cela prouve surtout que les hommes ne veulent pas prendre le temps de consulter et de mettre en place un travail sur le long terme."

A partir de quel seuil est-on considéré comme éjaculateur précoce ?

"Il n'y a pas de définition réelle. Quand on parle de précocité, c'est toujours par rapport à quelque chose. Disons que cela peut vraiment poser problème lorsque l'éjaculation survient sous la minute ou avant même la pénétration. Le plus important, c'est la difficulté pour certaine personne de gérer l'excitation. Mais, le paramètre le plus important pour les partenaires, c'est d'arriver à retarder l'éjaculation jusqu'au meilleur moment pour eux. Il n'y a aucun là aucun timing spécifique. "

Un travail chez un sexologue peut pourtant porter ses fruits rapidement

"Dans ce travail, le plus important est la motivation et l'investissement personnel. Plus l'implication est grande et plus les résultats seront rapides. Si la personne est en couple, c'est encore mieux car les exercices proposés demandent l'aide et la compréhension d'une partenaire."

On parle d'exercices, de quel type sont -ils?

"Exercer sa respiration est important par exemple. Prendre conscience de son corps et respirer avec le ventre. Prendre conscience aussi de tous les muscles qui sont utilisés lors de l'acte sexuel. Par exemple, serrer les fesses va augmenter les chances d'éjaculation rapide... Vous pouvez aussi solliciter le muscle du pénis durant la journée pour voir qu'il existe et vous en souvenir au moment de l'acte."

La masturbation peut aussi intervenir dans l'éjaculation précoce...

"Il y a des mauvaises habitudes de masturbation... Jeune, lorsqu'on se masturbe, le plus important est de jouir... C'est la décharge qui compte, point final. Des adultes qui se masturbent rapidement peuvent rencontrer des problèmes. Si on recherche uniquement le soulagement de tensions dans l'éjaculation via la masturbation, l'homme va également reproduire ce schéma d'excitation rapide et d'éjaculation rapide en faisant l'amour aussi. L'homme doit apprendre à savourer la masturbation aussi, à la faire durer et à mieux repérer les différentes phases de l'excitation sexuelle."

En conclusion

"Il ne faut pas considérer l'éjaculation précoce comme une maladie. Il ne faut pas en faire un drame. Mis à part quelques sérieuses exceptions, il n'y a pas de réelle éjaculation précoce. Biologiquement n'oublions pas que nous sommes programmés pour la reproduction ! C'est un apprentissage en soi. Puisque, d'une certaine façon, maîtriser son éjaculation n'est pas naturel. C'est une prise de conscience."






L.Dp et J. Leg