Sexualité Les solutions existent pour vivre une sexualité épanouie malgré la maladie.

À 26 ans, les médecins annoncent à Marie-Rose Galès qu’elle est atteinte d’endométriose, une maladie gynécologique qui provoque de vives douleurs notamment au moment des règles. Elle décide d’ouvrir un blog sur le sujet intitulé "Endométriose mon amour". "C’était intéressant mais le timing était trop court. J’ai voulu écrire un livre."

Endo&Sexo propose aux femmes atteintes d’endométriose des clés pour qu’elles puissent vivre une sexualité épanouie. Pour certaines, faire l’amour est une vraie souffrance. Les sensations ressenties s’apparentent à des "coups de poignard dans le ventre" ou "des décharges électriques". La pénétration est trop douloureuse ou tout simplement plus possible.

Ne plus souffrir pendant un rapport sexuel passe par une reconnection avec son corps. "Quand on est atteintes d’endométriose, notre corps ne nous appartient plus. Il est manipulé par les médecins. Il faut apprendre à se le réapproprier." Cela passe, entre autres, par le yoga, le tantrisme qui offre "un plaisir qui se propage dans tout le corps et des orgasmes plus profonds", la conquête des zones érogènes secondaires comme le cou, les lèvres, les oreilles, les cuisses, "car tout le corps est érogène".

Autre piste à explorer, la masturbation : "C’est une excellente façon de reprendre sa vie sexuelle. Avec l’endométriose, on a souvent peur d’avoir mal. En se masturbant, on a un contrôle total, ce qui rassure. Il est plus facile de retrouver le chemin du plaisir."

Marie-Rose Galès explique "avoir voulu un panel de solutions qui soit le plus large possible. Je me suis nourrie d’échanges avec d’autres personnes. Chaque endométriose et chaque histoire sont différentes".

Elle insiste aussi sur l’importance de la communication avec son partenaire. Quand l’endométriose s’immisce dans le couple, les réactions sont différentes. "Il y en a qui n’en ont rien à faire. D’autres culpabilisent de faire mal à l’autre lors d’un rapport sexuel. L’endométriose peut installer une distance au sein du couple." Le mieux est d’expliquer la maladie, ne pas éviter le sujet afin qu’il ne devienne pas tabou.

Endo&Sexo est destiné aux femmes atteintes d’endométriose. À sa lecture, on se rend compte qu’il s’adresse à toutes les femmes. "Je souhaitais que le livre touche le plus de personnes possible. Des lectrices m’ont dit que leur conjoint voulait lire le livre !"

L’endométriose touche plus d’une femme sur dix dans le monde. Le regard sur la maladie change. "Je n’ai plus forcément besoin d’expliquer ce qu’est l’endométriose." Mais il reste encore du chemin à faire : "Certains pensent que l’endométriose est toujours une mode. Dans le corps médical, des vieilles croyances perdurent toujours. L’endométriose serait notamment exagérée, assimilée à l’hystérie. Il manque encore une prise de conscience."