La technique Karezza, c’est tout l’inverse du rapport sexuel, l’orgasme en moins.

Dans une époque où le tout à l’orgasme semble presque dépassé et où on accorde de plus en plus d’importance à la découverte de son corps et de celui de son ou sa partenaire, prendre son temps semble être devenu le pied intégral. Entre le slow dating, le slow sex et l’ode à la masturbation, la connaissance de son corps est de plus en plus au centre de toutes les pratiques. Pourtant, ces façons d’agir n’ont rien de neuf. En 1931 déjà, J.W. Lloyd écrivait The Karezza method et 35 ans plus tôt, Alice Stockham Bunker, une obstétricienne de Chicago qui serait à l’origine de l’idée, conseillait cette pratique à ses patients.

Des caresses à tout-va

Mais en quoi consiste donc cette méthode nouvelle et ancestrale à la fois ? La réponse est simple : des caresses à n’en plus finir. Le nom Karezza est d’ailleurs dérivé du terme italien "carezza", signifiant caresse. Le moment intime est donc entièrement dédié au couple et non plus au rapport sexuel en tant que tel. Le mot d’ordre ? Prendre le temps. De se caresser, de se regarder, de se masser, de se faire des câlins, de se coller tout entier à l’autre, de découvrir les moindres recoins de nos corps. Les préliminaires deviennent donc un moment coquin en soi.

D’après une recherche menée par l’université d’Utrecht sur 500 couples à travers le monde, le temps moyen entre la pénétration et l’orgasme avoisinait 5,4 minutes. Adieu donc le sexe "efficace", les quickies entre deux rendez-vous, ou la corvée du soir avant d’aller dormir. "Les gens ont des relations sexuelles comme des lapins. La méthode Karezza, c’est plutôt avoir des relations sexuelles comme une tortue", compare Eric Garrison, un conseiller en sexualité américain, pour le magazine Women’s health.

Le but est de vraiment prendre le temps d’être avec l’autre et d’avoir pour seule finalité le moment présent en pleine conscience. La pratique peut s’arrêter là, après une sacrée dose d’ocytocine (l’hormone de l’amour) libérée. Lorsqu’on atteint l’orgasme, c’est plutôt la dopamine qui est stimulée, un neurotransmetteur lié au plaisir. Bien sûr, il y a de grandes chances que ces instants câlins débouchent sur une relation sexuelle et, pourquoi pas, un orgasme, mais ce n’est pas le but prôné par la méthode.

Une confiance absolue

Vous l’aurez compris, la pratique Karezza ne pourra pas être mise en place avec tout le monde. Il n’est pas certain que le tenter avec son sex friend soit une bonne idée. Cette méthode promeut la complicité et promet de renforcer les relations de couple. Pour que cela s’avère efficace, il faut avoir une totale confiance en votre partenaire et être très à l’aise avec l’autre afin de pouvoir vous laisser aller totalement. Il faut aussi être sûr que le partenaire soit sur la même longueur d’onde. Chacun doit savoir que le rapport sexuel qui pourrait s’ensuivre et l’orgasme ne sont qu’en option et que le moment important est bien cette relation intime à laquelle on laisse souvent trop peu de place.