Un loveshop de Liège a renoué avec des chiffres de vente comparables à ceux de la Saint-Valentin.

La Belgique s’ouvre et les rencontres sont à nouveau possibles, avec leur lot de bonnes (ou de mauvaises) surprises. Là où certains se rencontraient en catimini et à distance raisonnable dans un parc ou même dans un supermarché, histoire de rigoler, comme Sophia, d’autres peuvent reprendre les chemins de la drague habituels.

Sur Rendez-Vous.be, site et appli de rencontres où durant le confinement, 80 % des 10 000 profils ont été activés, "un record", selon Alexandre Baudoux, executive manager, on sent depuis quelques jours une petite baisse de fréquentation. Et c’est bien normal. "Les gens, qui vivaient maison et ordi" ont recommencé à sortir.

L’été sera-t-il chaud ? "Ça, on ne peut jamais prévoir. Dès qu’il fait très beau, il y a bien moins de connexions. Les sites de rencontres sont là pour donner un coup de pouce et reproduire un lieu social où l’on pourrait accoster potentiellement tout le monde… Mais l’idéal de chacun, c’est quand même la rencontre spontanée !", sourit Alexandre Baudoux.

L’être humain, un animal social donc, mais aussi physique !

Et si les utilisateurs de Tinder lui ont permis d’enregistrer fin mars un record mondial avec trois milliards de swipes en une journée de dragues et de rencontres virtuelles, d’autres avaient envie de passer à l’action dans la vraie vie avec l’accélération du déconfinement… et même pendant !

Désir et Moi, love-shop bien connu à Liège a rouvert le 11 mai avec beaucoup de doutes concernant la présence de clients. En fait, non seulement le propriétaire a pu réembaucher tout le monde mais une nouvelle recrue va arriver la semaine prochaine ! "Les clients étaient au rendez-vous. Ils étaient même très contents de revenir", raconte Laurent Schmitz. Avec cependant de nouvelles habitudes : "Ils stockent davantage ! Avant nous vendions beaucoup de lubrifiants de taille moyenne. Désormais, on vend de grands conditionnements, et plusieurs à la fois. La différence est incroyable, de même pour l’huile de massage. Et les achats sont plus nombreux d’un coup."

Certains clients lui ont aussi expliqué à quel point ils n’étaient pas équipés pour vivre ensemble leur sexualité si longtemps… Alors ils ont eu envie d’investir.

C’est bien simple : depuis la réouverture, Désir et Moi flirte avec des ventes comparables à celles de la Saint-Valentin. Et le prix ne semble pas un frein : durant le confinement, l’eshop de Laurent Schmitz a vendu sept fois plus de marchandise qu’habituellement, et bien plus de sextoys connectés par appli qu’auparavant ! "Ils permettent d’avoir une interaction même à des milliers de kilomètres !"

Le prix, entre 129 et 200 €, n’a pas semblé un frein, tandis que les sextoys télécommandés remportaient aussi un franc succès, comme si les couples avaient voulu pimenter leur vie. "Les sextoys à usage individuel sans interaction n’ont par contre pas connu de hausse remarquable."

Globalement, les ventes ont été telles que le propriétaire a pu faire travailler un employé qu’il avait dû mettre au chômage, comme quoi, la relance de l’économie semble bien passer aussi par… le sexe !