Sexualité Symbole de la libération de la femme et de sa sexualité dans les années 60, la pilule contraceptive vit aujourd’hui des jours plus sombres. Pourquoi ?

Quelques mois après avoir arrêté j’ai commencé à ressentir un vrai sentiment de bien-être, je me suis sentie en phase avec mon quotidien, de bonne humeur dès le réveil, beaucoup plus épanouie…", relate Charlotte, 24 ans. Elle a fait le choix de ne plus prendre la pilule après une longue période de célibat. "À partir du moment où je n’avais plus besoin de prendre ces hormones quotidiennement, j’ai eu envie de redécouvrir le cycle naturel de mon corps que je ne connaissais plus depuis cinq ans." Un cycle naturel qui a mis environ deux mois à revenir. Chez certaines femmes, les règles mettent jusqu’à un an avant de faire leur réapparition. Ce qui n’empêche pas d’autres effets de l’arrêt de cet apport hormonal de se produire. 

Charlotte a perdu du poids, observé un excès de sébum (cheveux plus gras), la réapparition de quelques boutons, mais surtout ce sentiment d’être reconnectée à ses émotions. Jusqu’au jour où elle a de nouveau eu un partenaire régulier. "Je suis allée voir mon gynécologue et on a regardé les options ensemble, on a finalement opté pour une pilule microdosée, qui est censée réduire les effets secondaires au maximum", explique la jeune femme. Mais hypersensibilité, ballonnements et fatigue la décident à arrêter après seulement un mois. En accord avec son partenaire et son gynécologue, Charlotte choisit de se protéger uniquement à l’aide de préservatifs. "C’est sûr que parfois c’est frustrant, parce que les sensations peuvent être moindres pendant l’acte mais c’est le prix à payer pour être débarrassée d’hormones qui ne me convenaient pas."

De cette manière, la charge mentale liée à la contraception est répartie dans le couple, de même que l’achat des préservatifs. Il existe évidemment d’autres options, comme le stérilet en cuivre mais qui n’ont pas convaincu Charlotte : "J’ai trop d’amies qui l’ont mis et qui ont eu des douleurs vraiment fortes que ce soit pendant la pause du stérilet ou après." Charlotte n’est pas la seule à opter pour des solutions "mécaniques". 

Selon l’étude Solidaris réalisée en 2017, 12 % des femmes n’utilisent plus de contraception hormonale à cause des effets secondaires. Parmi ces effets, les troubles de l’humeur tiennent une place importante, même s’il est fréquent que les utilisatrices ne se rendent compte de leur importance qu’après l’arrêt de la pilule : "Beaucoup de femmes m’ont dit qu’elles n’avaient pas réalisé que quelque chose clochait", explique Ellen Wiebe gynécologue et chercheuse canadienne interviewée par Slate.fr. Elles arrêtent pour une raison ou l’autre, "et tout à coup, elles se sentaient tellement mieux, beaucoup moins irritables et avec bien plus de désir sexuel." La baisse de libido figure, elle aussi, en tête des effets néfastes. Une étude suédoise montre qu’un tiers des femmes prenant une contraception hormonale rapportent des troubles du désir sexuel. Si la pilule a consisté en une vraie révolution pour les femmes, la multiplication des moyens de contraception permet aujourd’hui un vrai choix au niveau de la méthode. À chaque couple de déterminer celle qui lui conviendra le mieux. 

Avec une mise en garde des médecins : toutes les méthodes n’ont pas la même efficacité et il est important que ce choix soit médicalement suivi.