Malgré les avancées législatives, les personnes transgenres sont toujours victimes de discriminations quotidiennes.

À l’école dès leur plus jeune âge, au travail, dans la rue, au sport… Les personnes transgenres sont victimes de discriminations. Des expériences négatives qui ont de nombreuses conséquences. Ces transgenres ont un état de santé moins bon que les autres. Ils s’interdisent des lieux de peur d’être agressés, menacés ou harcelés. Une vie difficile qui est une triste réalité.

En 2007 déjà, l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, ainsi que le Point d’Information Transgenre mènent l’enquête. De ces résultats, il ressortira une amélioration de la loi en 2017. Cette dernière assure une protection légale efficace et complète contre la discrimination. Dix ans plus tard, la même enquête est réitérée et malgré les avancées législatives, les constats ont très peu changé. Surtout concernant le "bien-être" des transgenres. "L’égalité théorique des droits constitue une première étape, mais elle ne garantit pas une société libre de toute discrimination. Les personnes transgenres sont bien plus visibles qu’il y a dix ans, mais elles restent vulnérables face à l’incompréhension et à la haine. Elles sont régulièrement discriminées sur base de leur identité ou expression de genre", explique Michel Pasteel, directeur de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes.

Ce même institut a livré en décembre 2018 les résultats de sa deuxième étude. Elle révèle qu’un transgenre sur trois interrogé subi de la discrimination au travail. Le taux de chômage est d’ailleurs de 11 % pour ces personnes contre 8 % pour la moyenne belge. Ils sont aussi 8 % à avoir quitté leur travail à cause des réactions de leurs collègues ou de leurs employeurs. Pire encore, un transgenre interrogé sur quatre a été découragé avant même d’avoir posé sa candidature.

Cette discrimination est loin de n’être observée que dans le milieu du travail. Bien au contraire, elle est également présente dans les cours de récréation, chez les professionnels de la santé, sur les réseaux sociaux ou même durant des activités sportives. Cela se remarque par une curiosité mal placée, des atteintes à la vie privée, des critiques sur leur apparence, leurs idées ou même leur comportement. "Une réelle politique de prévention doit être mise en œuvre pour limiter les cas de discrimination, et ainsi améliorer le bien-être des personnes transgenres. La population en général ainsi que certains groupes cibles, comme la famille, le lieu de travail et certaines instances, doivent être sensibilisés et mieux informés sur la transidentité et comment agir dans ce cas", ajoute le directeur de l’Institut.

Heureusement en dix ans, il y a tout de même du positif à relever. Les transgenres osent faire leur coming out bien plus tôt. Aujourd’hui c’est environ vers 17 ans alors qu’en 2007 c’était aux alentours de 30 ans. Ils sont aussi de plus en plus à modifier officiellement leur prénom et leur sexe. Les personnes transgenres vivent leur identité de genre plus ouvertement que lors de la première étude en 2007. Peut-être que cette deuxième enquête ouvrira d’autres portes…