Sexualité Souvent associée aux femmes, l’injonction d’avoir des enfants se fait de plus en plus lourde au fur et à mesure que l’âge avance. Pourtant, les hommes aussi auraient une "date limite" de conception.

V otre horloge biologique tourne." Combien de fois n’avons-nous pas entendu cette phrase ? Homme ou femme, on sait qu’à partir d’un certain âge, les chances d’avoir des enfants fondent comme neige au soleil. Souvent associée aux femmes, l’injonction de créer une famille se fait de plus en plus lourde au fur et à mesure que l’âge avance. La ménopause guette et une fois débarrassées des règles, c’est toutes les chances de tomber enceinte qui valsent à la poubelle. Mais ce dont on ne parle pas assez, c’est que l’horloge biologique tourne aussi chez les hommes. Et une étude récente publiée dans la revue Maturitas en juillet dernier encourage ces messieurs à congeler leur sperme avant d’atteindre ce qu’on appelle "l’âge paternel avancé". Une période assez floue qui fluctue entre l’âge de 35 et de 45 ans, selon différentes études et différentes approches médicales.

Des problèmes pour les femmes

D’après l’étude, au-delà de cette date limite de conception qui diffère fortement d’un homme à l’autre, non seulement la fertilité masculine tendrait à baisser mais il semblerait que le sperme subisse d’autres changements indésirables avec l’âge. Les hommes plus vieux pourraient aussi provoquer des problèmes chez leurs partenaires féminines. Diabète gestationnel, prééclampsie et naissances prématurées sont autant de risques à prendre en compte lorsque le partenaire masculin approche de cet âge avancé. Sans compter les chances accrues que l’enfant développe des affections comme des maladies cardiaques congénitales, des convulsions néonatales et un trop faible poids à la naissance. Des conclusions qui font écho à une étude de l’université de Standford publiée un an plus tôt. D’après les résultats du rapport le plus récent expliqués par le journal The Independent, concevoir un enfant trop tard pourrait augmenter les risques que celui-ci développe certains cancers ainsi que des troubles cognitifs, comme l’autisme notamment.

Gloria Bachmann, autrice principale de l’étude et directrice de l’Institut de la santé des femmes de la faculté de médecine Rutgers Robert Wood Johnson explique que bien qu’il soit "généralement admis que les changements physiologiques chez les femmes après 35 ans peuvent affecter la conception, la grossesse et la santé de l’enfant, les hommes ne réalisent pas que leur âge avancé peut avoir un impact similaire". Après tout, hommes et femmes perdons de nos facultés avec l’âge, pourquoi pas les spermatozoïdes ?

Les hommes sont moins prévenus

D’après la scientifique, ce déclin serait naturellement lié à la baisse du niveau de testostérone qui vient avec l’âge ainsi qu’à la réduction de la qualité du sperme. "Certaines études ont montré que le risque d’autisme commence à augmenter lorsque le père a 30 ans, se stabilise dans la quarantaine, puis augmente à nouveau à 50 ans", ajoute-t-elle.

Mais toutes ces conséquences ne sont pas assez expliquées à la gent masculine. Vu qu’il est largement répandu que la femme soit responsable de la grossesse, il est tout autant attendu d’elle qu’elle fasse attention à s’y prendre à temps pour avoir des enfants et qu’elle soit plus active en matière de santé reproductive. À part lors d’un problème flagrant d’infertilité du côté de l’homme, il est rare que celui-ci consulte un médecin lorsqu’il veut faire des enfants.

Une solution facile offerte aux hommes serait de conserver leur sperme en le congelant avant l’âge de 35 ans. Cela leur permettrait de reporter leur paternité quand bon leur semble en réduisant considérablement les risques de provoquer des complications.