Regarder un film X en couple peut parfois booster la libido. Mais quand l’un des partenaires s’y adonne tout seul, cela peut avoir des effets dévastateurs.

Regarder des films pornographiques reste un tabou bien ancré dans la société, un plaisir inavouable qui se transforme parfois même en une véritable addiction. Avec l’omniprésence des images, d’Internet, des vidéos et du partage de contenus, les films X sont pourtant de plus en plus faciles à regarder. En solo ou en couple, la pratique n’a rien de condamnable. Une étude réalisée aux Pays-Bas estime d’ailleurs que regarder des films à caractère pornographique n’aurait pas d’influence sur les problèmes de sexualité d’un couple. Et pourtant, lorsque l’un des partenaires consomme trop souvent ces images érotiques, hors de la réalité, aux corps rares et aux prestations exagérées, cela peut avoir des répercussions négatives sur le couple.

"Il regarde des films porno régulièrement et j’ai peur que cela l’empêche de s’amuser quand on fait l’amour", raconte Isabelle (nom d’emprunt), un brin de déception dans la voix. Lorsqu’elle s’est rendu compte que leur problème de sexualité venait peut-être des habitudes de son amoureux à regarder des films pornographiques, elle s’est sentie trahie. "Ça ne me fait rien qu’il regarde de temps en temps des films comme ça. Mais que cela ait une influence sur nous, ça me dégoûte."

Son partenaire est sans doute loin d’être le seul dans ce cas. Sur Internet, un quart des recherches effectuées concerne les vidéos érotiques. Le phénomène est loin de ne toucher que les hommes car environ un consommateur sur trois est une femme.

Assouvir ses fantasmes

Regarder des images pornographiques exposant des pratiques sexuelles qui sortent de l’ordinaire, voire parfois vraiment "hard", ne relève pas tant du désir que du fantasme. Ce n’est pas parce qu’on regarde des vidéos sadomasos qu’on voudra passer à l’acte dans la chambre à coucher avec son partenaire. Mais à force d’en voir de toutes les couleurs et de se masturber sur des images de plus en plus éloignées de la réalité, le retour au lit conjugal peut faire mal et complètement rendre impuissant certains hommes.

En 2013, le Journal of sexual medecine publiait une étude certifiant qu’un quart des hommes de moins de 40 ans présentait des troubles de l’érection. Et qu’un tiers des hommes connaîtrait régulièrement des problèmes d’éjaculation précoce. La faute aux films porno ? Pas entièrement, mais cela n’aide pas. En effet, lorsqu’on regarde un film de ce genre, on prend rarement son temps, de peur d’être surpris en pleine masturbation, et cela a pour effet de décupler le réflexe de l’éjaculation.

Des effets sur le corps

En plus des effets négatifs sur le couple, cela peut engendrer de réels soucis physiologiques chez l’homme. Des lésions sur le gland ou le frein peuvent apparaître. Quant à la verge, elle pourra se révéler moins sensible. On parle aussi parfois d’anéjaculation ou d’anorgasmie, autrement dit l’incapacité d’éjaculer ou d’atteindre l’orgasme normalement. L’usage excessif d’images à caractère pornographique a comme conséquences que les personnes accros ne sont plus capables d’imaginer les relations sexuelles. Les images omniprésentes deviennent la norme et, par comparaison, leur propre vie sexuelle peut paraître fade. Sans parler des obligations de performances pour l’homme ou la femme lorsqu’ils se comparent non seulement aux corps parfaits des films érotiques mais aussi

aux prestations infinies, toujours orgasmiques et qui font du bruit.

Ne pas oublier la fiction

À l’instar de la plupart des autres films qui circulent sur Internet, il faut commencer par rappeler aux plus jeunes (et aux adultes aussi) que ce qu’ils visionnent dans ces vidéos X sont de la pure fiction et qu’il est bon de ne pas y croire. Le danger réside dans le fait que les jeunes, bombardés de vidéos en tous genres, tendent parfois à croire que ces films montrent la norme. Et leurs expériences réelles peuvent par la suite se montrer désastreuses. Il est également important de rappeler aux jeunes les effets négatifs sur le corps et les risques de troubles sexuels et affectifs.