De nos jours, la littérature scientifique et de nombreux témoignages d’hommes et de femmes nous montrent que la jouissance a de nombreuses formes… Aussi exceptionnelles qu’inattendues ! Alors que retenir de tout ce qu’on entend ? Partons à la rencontre de Jessica Mazzarini qui nous partage son expérience et ses conseils de sexologue.

Si la jouissance est souvent assimilée à l’éjaculation chez l’homme et l’orgasme par la stimulation vaginale et/ou clitoridienne chez la femme, il n’en demeure pas moins qu’il existe bien d’autres formes de jouissance et d’endroits corporels à explorer. En effet, la jouissance n’est pas que synonyme de la pénétration vaginale ou anale. On peut jouir bien avant la pénétration et même sans celle-ci. Il y a en fait autant de manière de jouir que d’endroits corporels propices au plaisir.

Certains hommes ne jurent que par le toucher prostatique, à parfois le préférer à la masturbation. Certaines femmes ressentent un plaisir fou aux caresses dans le bas du dos ou dans le creux du cou. Quelques personnes témoignent même d’orgasmes atteints par des paroles excitantes glissées dans l’oreille ou des doigts de pieds mordillés.

Jessica Mazzarini, vous êtes sexologue et thérapeute en hypnose. Vous devez avoir de nombreux témoignages sur la jouissance de vos patients et patientes. Que vous racontent-ils ?

J.M. : "Les personnes qui consultent expriment le plus souvent un manque de plaisir. Il est important de se situer dans notre contexte sociétal basé, entres autres, sur la consommation et la performance. Peu de patients expriment en thérapie à quel point un baiser dans le cou ou une caresse sensuelle peut apporter de la jouissance. Pourtant, nous parlons bien de l’essentiel, du b.a.-ba. Or, avoir du plaisir semble être une fin en soi, une condition nécessaire au bien-être tant sexuel que général. Nous travaillons ensemble dans le cadre thérapeutique, le plus souvent par hypnose, afin de redécouvrir les émotions et sensations de base afin de redéfinir cette notion de plaisir."

Mais la jouissance est-elle pour tous et tous les âges ? Doit-on absolument jouir pour s’estimer sexuellement ?

J.M. : "Bien entendu la jouissance est accessible à tous. Qui ne se sent pas heureux après avoir dégusté un morceau de son chocolat préféré –rires- ? Tout est question de perception et de ce que chacun appelle « la jouissance ». De par mon expérience en tant que thérapeute, je peux effectivement mettre en avant que nombre de patients considèrent l’orgasme comme l’aboutissement logique et presque naturel d’un rapport sexuel. Ainsi, lorsqu’un patient consulte pour la problématique de l’anorgasmie, il est fréquent de devoir travailler, entres autres, l’estime de soi tant sexuelle que générale."

Les films pornographiques présentent des orgasmes rapides et faciles d’accès. Face à ce genre d’orgasmes irréalistes, il paraît problématique et dysfonctionnel de ne pas obtenir d’orgasme à chaque rapport sexuel. Est-ce un fait qui préoccupe réellement vos patient(e)s ? Vous en font-ils part et que leur conseillez-vous ?

J.M. : "Comme expliqué précédemment, nous devons nous situer dans notre contexte sociétal où la jouissance est une condition nécessaire tant dans la vie générale quand dans la sexualité. La performance est également un concept clé. Ces films sont de purs produits de notre société. Malheureusement, dans les interactions « naturelles », si j’ose dire, chaque personne est influencée par son quotidien. Si vous vivez une mauvaise journée, vous vous disputez avec votre compagne/compagnon, vous vous inquiétez pour une raison A ou B, etc. diverses pensées parasites risquent d’influer sur votre sexualité. A partir du moment où la personne objective cette réalité et l’accepte ça ne pose généralement pas problème dans le cadre sexuel. Par contre, si ces films sont considérés comme des modèles de conduite, ne pas « fonctionner » de la même manière peut être perçu par la personne comme dysfonctionnel et devenir ainsi source d’angoisse et de mal-être."

La jouissance est avant tout une question d’état d’esprit. De nombreuses pensées parasites peuvent empêcher l’être humain de l’atteindre. Parmi les raisons qui empêchent de jouir, il y a notamment le manque de confiance en soi et une mauvaise estime de soi corporelle et sexuelle.

Les sexologues se préoccupent notamment de la problématique du manque d’estime de soi sexuelle féminine car elle interfère grandement dans la sexualité. Actuellement, une recherche universitaire est en cours. Elle a été créée dans le but de mettre au point une évaluation globale de l’estime de soi corporelle et sexuelle chez les femmes. Les chercheurs tentent de récolter le plus grand nombre de témoignages de femmes possible. Mesdames, pouvez-vous répondre au questionnaire dont le lien se trouve ci-dessous ?

https://docs.google.com/forms/d/1zzA3ooBPAn2AbauT9pd6TAYCevA8yByAOW9-4PXTpLo/viewform?c=0&w=1&usp=mail_form_link

Si vous désirez en parler avec un sexologue ou voulez obtenir plus d’informations sur la sexualité, rendez-vous sur le site de consultation en ligne www.masantesexuelle.com.