Sexualité Pour quel genre de problèmes et à partir de quand passer le cap et aller consulter ?

Les "dysfonctionnements sexuels" touchent de plus en plus de monde aujourd’hui. Une femme sur deux en Belgique est concernée par une baisse du désir et un homme sur trois par des problèmes d’éjaculation précoce. Si notre société se targue de parler librement de sexualité, évoquer ses difficultés reste tabou. C’est le rôle des sexologues d’être à l’écoute de ces situations et d’apaiser les angoisses qu’elles peuvent engendrer, tant au niveau individuel que du couple. "La majorité de mon travail consiste à rassurer et mettre en confiance. À partir de là 50 % du travail est fait", sourit Marie Tapernoux, sexologue. "Les gens qui viennent me consulter savent qu’ils peuvent tout me demander et qu’ils ne seront pas jugés pour cela."

Compenser les lacunes en éducation sexuelle

Donner accès à l’information est donc l’une des missions du sexologue. Certains patients n’ont besoin que d’une séance lors de laquelle ils posent leurs questions sur leur sexualité. Marie Tapernoux se souvient d’un jeune de 16 ans, amené par ses parents. Ils craignaient que leur fils soit addict aux films pornographiques. "En fait il essayait simplement d’apprendre. Mais il y avait des erreurs au niveau masturbatoire." Pour la sexologue, notre système laisse de grandes failles en terme d’éducation. À côté de ses consultations elle donne donc des ateliers dans les écoles. Elle y explique l’anatomie féminine et masculine, aborde la masturbation, la prévention… Des outils qu’elle exploite aussi lors de ce genre de consultation.

Lutter contre la routine du couple…

Tout ne peut cependant pas être réglé en une seule rencontre. En général, le suivi varie entre une et dix séances. "Mais il arrive que des couples viennent pendant des mois pour aborder d’autres problèmes qui impactent leur sexualité." La sexologue s’attaque alors aux problèmes de routine, de baisse de désir, au manque de temps passé ensemble… "Ce sont souvent des couples qui ont attendu tellement longtemps avant de venir consulter, qu’un ‘cercle vicieux’s’est installé. Dans ce cas, on entreprend une thérapie conjugale en même temps." Marie Tapernoux s’inscrit dans le mouvement comportementaliste et de thérapie brève. Elle essaye donc de proposer des exercices à faire entre les séances pour que ses patients voient rapidement la différence.

L’impact du psychologique sur le physique

Douleurs lors des rapports et manque de libido pour les femmes ; problèmes d’éjaculation précoce et troubles érectiles chez les hommes : voilà les problèmes les plus fréquents rencontrés par les sexologues. Ils travaillent sur la dimension psychologique de ces "dysfonctionnements". "L’impact du psychologique sur le physique est extrêmement fort. Les troubles érectiles peuvent par exemple être liés à une angoisse de l’engagement, à une pression de la partenaire…", explique Marie Tapernoux. Donner une pilule bleue ne permettrait donc pas de régler le fond du problème. Mais il se peut qu’un problème physique nécessite la prise en charge par un médecin. Deux professions complémentaires qui ne doivent pas hésiter à collaborer !