Depuis la fin du mois d’août, Laura et Alexandre consultent une sexologue toutes les trois semaines. Pour tenter de sauver leur couple et de retrouver une intimité totalement perdue de vue. Ensemble depuis 15 ans, parents de deux jeunes enfants, ce couple dans la trentaine n’a pas attendu le confinement pour vriller. "C’était déjà compliqué entre nous avec toujours les mêmes sujets de discorde qui devenaient de vraies habitudes et empoisonnaient notre relation", commence Laura qui travaille depuis mars à la maison. "On a toujours eu du mal à communiquer, à parler des tensions, cela nous a éloignés", reprend Alexandre.

Avec le confinement général en mars, la situation déjà tendue empire : "On a dépensé beaucoup d’énergie avec les enfants, entre la pression du travail, les petits à gérer, à occuper, à faire travailler", racontent-ils et l’on sent que ces moments difficiles sont encore très présents. Laura, qui va certainement être bientôt licenciée, l’affirme : ce qu’elle "craint le plus" c’est la fermeture des écoles et d’être confrontée à nouveau à un vase clos. le manque d’oxygène est flagrant.

Aux années à fonctionner cahin-caha, s’ajoutent donc ces mois anxiogènes et étouffants où la froideur s’installe, Laura comme Alexandre commencent à s’éloigner pour vivre chacun dans une bulle "de survie". L’intimité dans le couple ? "C’est mort !", "Je crois qu’il faut retrouver les bases pour recommencer à se retrouver sur ce plan-là. On a pris trop de mauvaises habitudes", poursuit Laura, "on n’a plus d’énergie." Les mots s’ils fusent se font secs, les non-dits sont légion, les énervements plus fréquents, la famille fonctionne mais ne partage plus alors qu’elle vit sous le même toit. "La crise du Covid a été un élément déclencheur pour nous", réfléchit le mari de Laura, " et c’était plutôt positif. On s’est dit qu’on avait besoin d’aide extérieure ."

Leur chance ? Une volonté commune d’arranger les choses, car "aucun des deux ne veut que la relation se termine".

Petit à petit, grâce à la thérapie, ils retrouvent espoir : " J’arrive à voir ce qui pourrait faire que ça aille mieux. Et ça c’est déjà un sacré pas en avant parce que, il y a quelques semaines, les problèmes étaient tellement ancrés que je ne voyais vraiment pas ce que l’on pouvait faire pour s’en sortir… " dit Laura tandis qu’Alexandre apprécie de réapprendre à faire des petits pas pour remarcher par la suite. Ce qu’ils apprécient : ressortir de la séance avec une to-do list à leur mesure, "Et on y arrive ! ça nous motive."

L’avenir ? "Je pense que l’on a besoin de plus de moments à deux", réfléchit Laura, ce à quoi ils ne pensaient même plus. "Malgré tout ce climat, désormais, mon couple a repris de l’espace dans ma tête, et je me sens mieux." Ce qu’ils s’espèrent, c’est de ne plus passer à côté l’un de l’autre, se soutenir, se sentir plus libre. Et tous les deux utilisent les mêmes mots : ils veulent pouvoir retrouver de la "joie", du "bonheur"… Et si vouloir, c’était vraiment pouvoir ?