Tel est l'une des conclusions du colloque organisé vendredi au parlement wallon à propos de cet événement qui sera célébré dans deux ans

BRUXELLES Ne surtout pas faire de la commémoration du centenaire de la guerre 14-18 une nouvelle pomme de discorde communautaire. Tel est l'une des conclusions du colloque organisé vendredi au parlement wallon à propos de cet événement qui sera célébré dans deux ans. Pour marquer l'anniversaire du décret du 11 décembre 1986 qui fait de Namur la capitale de la Wallonie, la Ville organise une manifestation de marque. Cette année, le parlement wallon, présidé par la Namuroise Emily Hoyos, l'a accueillie en ces murs.

Parmi les participants, figuraient les bourgmestres du réseau des villes belges martyrisées pendant ce conflit qui se marqua par la conquête presque complète du territoire et les atrocités commises par l'occupant. Quelques villes tant au nord qu'au sud du pays ont payé un lourd tribut: Louvain, Visé, Dinant, Termonde, Tamines (Sambreville), Aerschot et Andenne.

Elles se sont rassemblées pour commémorer leur martyr, au-delà des clivages linguistiques. Le bourgmestre de Louvain, Louis Tobback, a appelé à ne pas faire du centenaire de la Ière Guerre mondiale la source d'un nouveau litige communautaire, à l'heure où certains observateurs francophones craignent que la Communauté flamande ne s'accapare l'événement.

"Il ne faut pas faire de la commémoration une affaire communautaire! ", a demandé M. Tobback.

Certes, la Communauté flamande a prévu un budget conséquent, a-t-il expliqué. Mais, chaque année, près d'un million de visiteurs issus notamment du Canada et de Grande Bretagne se rendent dans les environs d'Ypres où eurent lieu de sanglantes batailles et, en 2014, ce nombre pourrait être multiplié par 5 ou 6.

"De mon côté, je n'entend pas parler d'une flamandisation de la Grande Guerre", a-t-il ajouté.

Le bourgmestre de Namur, Jacques Etienne, a opiné dans le même sens. "Le centenaire de la Grande guerre ne peut sous aucun prétexte être un facteur de division, un problème communautaire. Ce serait un affront à ses combattants et à ses victimes civiles", a-t-il souligné.

Tant les animateurs du réseau des sept villes que les autorités namuroises ont réclamé un soutien fédéral pour leurs initiatives. La Ville de Namur souhaite en effet restaurer et présenter à nouveau au public le Panorama de la Bataille de la Meuse, une grande fresque peinte en 1937. De son côté, Mme Hoyos a annoncé que le parlement wallon voterait la semaine prochaine une résolution engageant la Région wallonne à préparer sans tarder la commémoration.

Personnalité flamande qui a marqué l'histoire politique belge, M. Tobback n'a pas manqué d'ironiser sur sa présence au parlement régional. "Je ne croyais pas que ma carrière politique m'offrirait encore des surprises, comme de faire un discours au parlement wallon", a-t-il dit.

© La Dernière Heure 2011