20 ans de fécondation in vitro à Saint-Pierre

Société

S. De.

Publié le

En 1983 naissait Mathieu, le premier bébé éprouvette conçu au CHU Saint-Pierre, de Bruxelles

BRUXELLES Il y a eu Louise Brown en 1978, premier enfant au monde issu d'une fécondation in vitro (FIV). Cinq ans plus tard naissait Mathieu, premier bébé éprouvette conçu à l'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles.

On estime aujourd'hui à plus d'un million la naissance d'enfants par FIV dans le monde. Cette technique constitue un espoir pour les couples infertiles. Car elle connaît aussi ses échecs.

Le professeur Annick Delvigne, responsable du centre FIV de l'hôpital Saint-Pierre, nous explique les grandes lignes d'une thérapeutique fort complexe: «La fécondation in vitro consiste à recréer dans une éprouvette (l'expression latine in vitro signifie dans le verre) la rencontre entre un ovocyte et un spermatozoïde, union qui se produit en temps normal dans les trompes de la femme (in vivo). Après cette fécondation (l'union des cellules sexuelles mâles et femelles), l'oeuf va, par divisons successives, aboutir à un embryon. Celui-ci sera alors replacé dans l'utérus pour donner lieu éventuellement à une grossesse. En Belgique, le taux de réussite avoisine les 25%».

Ce traitement s'applique dans les cas de stérilité due à des lésions des trompes de Fallope, mais aussi lors de cas d'endométriose, de troubles de l'ovulation, d'insuffisance en nombre ou en mobilité de spermatozoïdes, ou encore de stérilité inexpliquée. Bref, dans des cas où la fécondation naturelle n'a pas lieu.

La décision de recourir alors à la FIV ne se fait pas toujours sans mal. La thérapie conduit le praticien à s'immiscer dans la vie privée du couple, avec tout ce que cela suppose comme difficultés. » La prise en charge des couples infertiles constitue une étape essentielle pour l'acceptation et le bon déroulement de la procréation médicalement assistée, poursuit le Pr Delvigne. Car le traitement est long, intime et exigeant».

La fécondation in vitro requiert en effet une stimulation ovarienne, effectuée grâce à des injections quotidiennes d'hormones. Ces injections se font d'ordinaire en matinée et entraînent de fait des retards répétés pour les femmes actives. «Il est évidemment gênant pour ces femmes d'expliquer la cause de leur retard à leur employeur. D'où des problèmes. C'est d'ailleurs l'une des difficultés de la procréation assistée. Il n'existe pas d'espace pour aider ces femmes à gérer leur traitement au quotidien. Je me bats donc pour que l'infertilité soit enfin reconnue comme maladie chronique mais non mortelle. Afin que cette situation change».

© La Dernière Heure 2003

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