Acné juvénile: bientôt plus qu'un mauvais souvenir ?

Acné juvénile: bientôt plus qu'un mauvais souvenir ?
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Des chercheurs canadiens affirment avoir mis au point le premier médicament efficace contre l’acné, qui affecte environ 85% des adolescents.

CHICAGO Elaboré par la société de biotechnologie Micrologix Biotech de Vancouver (Canada), ce possible médicament a encore un long chemin devant lui. Mais ses premiers résultats, officiellement présentés aux infectiologues réunis pour l’ICAAC, le plus important congrès mondial sur les agents anti-microbiens qui se tient depuis dimanche à Chicago, sont jugés très positifs. Selon le Dr Patricia McNicol, chercheuse et vice-présidente de Micrologix Biotech, la molécule -désignée seulement sous le nom de code MBI 594 AN- est «hautement efficace» contre la bactérie de l’acné (Propionibacterium acnes), y compris contre des souches résistantes aux traitements conventionnels comme l’érythromycine et les tétracyclines, ainsi que contre les inflammations de la peau liées à la maladie. «Vingt-sept isolats de la bactérie résistants aux antibiotiques ont été testés et tous se sont révélés sensibles au MBI 594 AN», a souligné le Dr McNicol. Selon elle, le mécanisme d’action du médicament potentiel, un peptide anti-microbien obtenu par synthèse, a la particularité d’être «unique et mortel». Le MBI 594 AN viendrait à bout de la maladie en perforant les cellules bactériennes, sans leur laisser le temps d’identifier le produit qui les attaque ou d’essayer de développer des résistances. «Toutes les tentatives menées en laboratoire pour voir l’on pouvait induire des résistances ont échoué», a précisé le Dr McNicol. Selon les estimations des infectiologues de l’ICAAC, l’acné représente environ un cinquième des motifs de consultation de dermatologie. Si certaines formes légères peuvent être traitées avec des médicaments en vente libre, dans la plupart des cas, les médecins sont obligés d’avoir recours à d’autres produits comme les antibiotiques, les rétinoïdes (des dérivés de la vitamine A) ou des régulateurs de la production hormonale. Aucun de ces traitements n’est pleinement efficace et leurs inconvénients sont multiples. Les antibiotiques, utilisés contre l’acné depuis plus de 30 ans, sont devenus de moins en moins actifs au fur et à mesure que la bactérie a développé des résistances. Selon des études antérieures, la proportion des résistances à la bactérie de l’acné serait passée de 20% en 1978 à 62% en 1996. Les dérivés de la vitamine A font encore preuve d’efficacité. Cependant, sous forme orale, ils peuvent avoir des effets secondaires très graves allant des troubles psychologiques à la naissance d’enfants atteints de malformations. Sans avoir des incidences aussi importantes, les régulateurs hormonaux - pris uniquement par les patientes - entraînent eux aussi des effets secondaires nettement indésirables, notamment des poussées de poils et des prises de poids intempestives ainsi que des masculinisations de la voix. Si la suite du programme de recherche se déroule comme prévu et si les scientifiques apportent la preuve que l’arrêt de la prise du médicament n’entraîne aucun «effet rebond» de l’acné, le MBI 594 AN semble promis à un bel avenir, dans dix-huit mois à deux ans.

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