Rage taxatoire en Flandre

P. D.-D.

PME wallonnes logées à meilleure enseigne

BRUXELLES Les petites et moyennes entreprises (PME) de la fédération de l'industrie technologique (Agoria) en ont gros sur la patate.

`On nous traite comme des cons´, lance même, outré, Maurits-Jan Demeyere, patron de la société Demeyere victime, comme tant d'autres, d'une hausse, parfois vertigineuse, des taxes locales appelée à compenser le manque à gagner pour les finances communales de la perte de recette entraînée par les réductions fiscales décrétées aux niveaux fédéral et régional.

`Dans leur globalité, les entreprises ne voient pas vraiment d'amélioration´, souligne Laurent Liégeois, conseiller adjoint chez Agoria. `La baisse des impôts est compensée par une hausse des centimes additionnels´, hausse qui touche indistinctement les PME florissantes ou au bord de l'asphyxie.

`Actuellement, la plupart des PME en Flandre sont en train de se battre pour leur survie, ni plus, ni moins´, assure même Remi Boelaert. Car les PME wallonnes sont logées à meilleure enseigne. `La Wallonie n'a pas vraiment de gros problèmes de taxation locale´, explique le chief economist d'Agoria, et ce grâce à un pacte de stabilité, non contraignant, qui ambitionne de limiter la rage taxatoire des communes.

Du coup, certaines entreprises flamandes en viennent à envisager de se délocaliser en... Wallonie, afin d'échapper à des taxes locales qui ont en moyenne grimpé de 17%, contre 5% en Wallonie. Maurits-Jan Demeyer, lui, envisage plutôt de déménager au sein de son entreprise, dont le seul bâtiment chevauche deux communes: Herentals, qui taxe à tout de bras, alors qu'Herenthout est bien moins gloutonne, notamment sur la force motrice. Les machines pourraient donc être transférées dans l'aile située sur le territoire d'Herenthout!

© La Dernière Heure 2002

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