Comment les prix ont évolué depuis 50 ans !

Eddy Przybylski
Comment les prix ont évolué depuis 50 ans !
©Scholasse

Le coût de la vie a-t-il vraiment augmenté ?

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BRUXELLES Au café du Commerce, qui porte mieux que jamais son nom, comme dans les réunions de famille, le coût de la vie, le prix des petites choses plus ou moins nécessaires que l'on achète régulièrement sont des sujets de conversation inépuisables.

La conclusion est toujours plaintive : "Tout augmente !"

Est-ce vrai ? Est-ce une illusion ? Les produits dont on a le sentiment qu'ils ont augmenté plus que les autres - l'essence à la pompe ou le fuel de chauffage, par exemple - ont-ils réellement suivi des courbes spectaculaires sur le tableau des hausses ?

C'est ce que nous avons voulu savoir en comparant les prix que nous avons relevés ces dernières semaines dans les magasins et sur le marché en général à ceux que nous avions déjà enregistrés en 1986 et, pour certains produits, en 1976, notamment.

Le principe est simple. Combien coûtait un litre de lait à l'époque, ou votre journal, ou encore un kilo de pommes de terre, ou une course en taxi ? Et combien cela vous coûte-t-il aujourd'hui ?

Dans les faits, il est beaucoup plus difficile de le savoir qu'on peut l'imaginer a priori. Toutes les ménagères le comprendront d'ailleurs.

Prenez le simple exemple d'un paquet de café. 250 grammes. Moulu et empaqueté. La différence est déjà énorme, plus de 33 %, entre un paquet de type produit blanc et un autre d'une marque qui se positionne parmi les produits de luxe. Nous avons donc visé une marque connue et se situant dans la moyenne.

Nous avons retiré la salade et le kilo de tomates de notre panier. Parce qu'en 1986, nous avions relevé les prix au mois de mai et, en 2006, en décembre. Les fluctuations saisonnières de produits pareils sont réellement trop importantes.

Sur quelles bases pourrait-on, par ailleurs, comparer les prix du vin ? Ils sont tellement variables...

Et l'auto ? On ne pouvait pourtant pas entamer un tel travail en oubliant le véhicule automobile indispensable à chaque famille. Mais les modèles de 1966, de 1986 et ceux de 2006 n'ont guère de points communs. On s'y prend donc le plus honnêtement possible. Le prix de base d'une Renault 5 pour les décennies passées et d'une Renault Clio aujourd'hui.

Pour avoir une idée de l'influence réelle de ces augmentations sur la vie quotidienne, il fallait comparer aussi les salaires. Au hasard, nous avons choisi le même cas d'espèce : celui d'une femme, caissière de grand magasin, 30 ans et sept années d'ancienneté. Son salaire mensuel brut était de 38.998 francs en 1986; il a, depuis, augmenté de 53 % : 1.484,77 €, soit 59.895 francs d'avant.

Ce n'est qu'un cas unique. Il est certes indicatif mais pas forcément représentatif.

Pour toutes ces raisons, il faut lire ces tableaux pour ce qu'ils sont : un petit jeu intéressant, mais pas du tout une analyse scientifique.

Des organismes officiels et des associations de consommateurs, comme Test-Achats ou le Crioc, font ça en tenant compte de critères beaucoup plus pointus.

Il n'empêche que notre travail met en évidence le boom de l'immobilier, particulièrement à Bruxelles (augmentations de 544 % en vingt ans !).

Le paquet de cigarettes (168 %) et les produits pétroliers (augmentations de 97 à 131 %) figurent parmi les fortes ascensions. Mais ils ne sont pas seuls. D'une manière générale, les produits liés à l'imprimerie (livres et journaux), les visites chez le médecin ou chez le coiffeur et les loisirs (cinéma, hôtels) ont subi des augmentations dépassant les 100 %.

La plupart des produits alimentaires ont subi une augmentation plus forte que celle du salaire de notre caissière de grand magasin. Ce qui indiquerait quand même une légère diminution du pouvoir d'achat confirmée par ailleurs par les études du CRIOC (baisse de 2 % du pouvoir d'achat en dix ans).

Sachez quand même, pour avoir une idée plus scientifique sur la question, que, selon les chiffres officiels, l'inflation et de 40,53 % depuis 1986, de 107,69 % depuis 1976, de 166,02 % depuis 1966 et de 187,17 % depuis 1956.

Des chiffres officiels comme de nos tableaux, il ressort que le panier de la ménagère a augmenté beaucoup plus entre 1966 et 1986 que dans les vingt dernières années.



© La Dernière Heure 2006


L'euro n'a rien changé

BRUXELLES A la grande question - en vingt ans, comment notre pouvoir d'achat a-t-il évolué ? - Marc Vandercammen pointe du doigt une décision de Philippe Moureaux, lorsqu'il était ministre des Affaires économiques : "Il avait proposé un indice santé dans le calcul de l'index des prix. Il s'agissait de retirer du calcul de l'index les produits nuisant à la santé. La cigarette était principalement visée. Le problème, c'est que des produits comme l'essence et le mazout de chauffage y ont été associés. Ce qui a provoqué un décalage alors que, pendant cette période de vingt ans, les revenus, eux, ont été plutôt stables."

Certains produits ont augmenté pour d'autres raisons. Le pain ! "Le calcul du prix du pain avait toujours été lié à l'index. Il en a été libéré voici trois ou quatre ans. Cela a provoqué des augmentations de 10 à 15 %".

L'eau ! "La production et la distribution d'eau ne coûtent pas plus cher qu'avant. Simplement, on a ajouté à la facture ce qu'on a appelé le prix vérité du traitement des eaux usées. Le prix de l'eau a nettement augmenté."

Par contre, Marc Vandercammen est formel : le passage à l'euro n'a pas eu de conséquences sur la montée des prix. "C'est une impression que les gens ont. Mais c'est faux ! Ce qui est différent, depuis l'arrivée de l'euro, ce sont les comportements. Jadis, lorsqu'entre deux stations d'essence, il y avait une différence de 40 centimes, les gens changeaient de pompe. Aujourd'hui, ils ne le font pas pour une différence de 1 cent. Or, c'est la même chose ! Les gens n'ont pas encore acquis la bonne référence aux prix pratiqués avec l'euro. En outre, souvent, ils arrondissent et cela fait un calcul en francs avec une différence qui peut-être importante. 3,70 euros et 4 euros, c'est loin d'être la même chose ! Avant, une différence d'un franc ou deux, ça n'était pas énorme. Une différence d'un euro ou deux, c'est beaucoup plus...."



© La Dernière Heure 2006

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