Plongée dans l'industrie du porno en Belgique

Plongée dans l'industrie du porno en Belgique
©DEMOULIN

Une centaine de films X sont tournés par an chez nous. RTL-TVi et la RTBF s’invitent dans les coulisses


BRUXELLES La température des téléviseurs risque de monter d’un cran dans les jours qui viennent. C’est que nos deux chaînes, d’habitude plus prudes, ont décidé chacune de pénétrer les milieux de la pornographie en Belgique. Et, concurrence oblige, les deux reportages seront diffusés à seulement quelques jours d’intervalle !

Première à dégainer, RTL-TVi, qui proposera ce dimanche, à 22 h, un documentaire intitulé La Belgique sous X. Même si ça n’en a pas l’air comme ça, notre pays possède une véritable petite industrie pornographique qui, si elle ne rivalise pas avec ce qui se fait en France, a néanmoins ses adeptes. Ainsi, pas moins d’une centaine de films X, pour la plupart amateurs, sont tournés chaque année chez nous, avec un budget moyen de 10.000 euros. En général, ils sont diffusés sur Internet. Les actrices sont payées 250 euros pour un tournage et les hommes 150… quand ils ne le font pas gratuitement (juste pour assouvir un fantasme).

Reste que, à côté de la petite industrie amateur, il existe quand même une production X plus professionnelle en Belgique et disposant de davantage de moyens, le plus souvent au nord du pays. C’est le cas d’Orlando, le roi du porno en Flandre, qui produit des films dont les budgets peuvent parfois aller jusqu’à 200.000 euros. Là, il ne vise pas seulement Internet, mais le marché du DVD international.

Le documentaire de RTL, assez proche des reportages façon Coûte que coûte, nous fait ainsi découvrir le tournage de certains de ces films (avec des images à ne pas mettre sous tous les regards, même si les gros plans sont masqués), mais s’intéresse également aux modes de diffusion et de consommation du porno, avec notamment l’interview d’un porno-dépendant qui ne peut plus se passer de films X. Même lorsqu’il fait l’amour avec certaines femmes, il a besoin de voir d’abord un film pornographique !


Du jeune homme à la mère de famille, tous ont voulu tenter

Mercredi soir, ce sera alors au tour de la RTBF de s’intéresser au petit monde du porno, mais de façon très différente de RTL. Tout d’abord, il s’agira d’une soirée complète, dès 21h25, avec en ouverture un débat dans le cadre de l’émission C’est la vie en plus, suivi ensuite, à 22 h 30, d’un documentaire de 69 minutes (ça ne s’invente pas !) intitulé Le pornographe, qui se glisse dans les coulisses du tournage d’un film porno… liégeois. Le reportage de la RTBF se rapproche ici de ce qu’on voit dans Strip-tease. Et, pour une fois, l’effeuillage sera complet ! On suit le réalisateur et les comédiens depuis les castings jusqu’au dernier coup… de manivelle. Ce qui nous vaut une galerie de personnages étonnants et pittoresques, entre le jeune homme qui veut montrer à ses copains qu’il en a et la mère de famille qui tente l’expérience pour assouvir un fantasme ("parce que j’ai consacré jusqu’ici ma vie à mes enfants, je prends maintenant du temps pour moi").

Mais, même si on découvre l’ambiance bon enfant qui règne entre deux prises de vue, la réalité plus sordide n’est pas escamotée pour autant. Certaines des actrices reconnaissent avoir été abusées lorsqu’elles étaient enfants, ce qui les a poussées à franchir plus rapidement le pas vers la pornographie.


Corinne a tourné dans des films X pour assouvir un fantasme. Elle le regrette aujourd’hui

Si les reportages de RTL et de la RTBF sont fort différents, tant sur le fond que dans la forme, ils ont un point commun : la présence d’une jeune femme de 26 ans prénommée Corinne. Une vraie mordue de sexe, qui a tout tenté, tout essayé. Quitte à regretter certaines expériences aujourd’hui. “J’ai un côté nymphomane”, reconnaît-elle. “J’aime bien le sexe. À 8 ans, j’avais des jeux sexuels avec des membres de ma famille et ça me plaisait. Par la suite, j’ai été dans des clubs échangistes, j’ai pratiqué le sexe sur les parkings d’autoroute. Je me suis prostituée aussi, c’était un fantasme.”

Corinne n’a pourtant pas le profile type de la fille nymphomane telle qu’on se l’imagine parfois erronément. Elle a fait des études de sciences politiques, elle écrit des livres pour enfants et travaille pour une compagnie d’assurance. “Il est possible d’aimer le sexe et d’avoir un cerveau. Ce n’est pas incompatible.”

Pourtant, aujourd’hui, Corinne reconnaît qu’elle est allée trop loin en voulant assouvir un fantasme ultime : tourner un porno ! Dans le documentaire de la RTBF, on suit sa première expérience dans le cinéma X sur un film semi-amateur. Et ça se passe plutôt bien. L’ambiance est détendue, elle avoue même avoir eu plusieurs orgasmes devant la caméra. Mais, par la suite, elle tentera une seconde expérience, dans un film plus professionnel. Et là, ça a été la désillusion. “Je regrette. On est payé pratiquement rien pour faire des choses très risquées et peu agréables, sans préservatif. Il y avait de la drogue partout sur le plateau. J’ai tourné 8 scènes en 2 jours. C’était vraiment éprouvant.” Aujourd’hui, Corinne aime toujours autant le sexe, mais plus devant une caméra…

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